18 mai 2026

Abolition de l’esclavage : causerie littéraire à l’approche du 10 mai.

                     Abolition de l’esclavage : causerie littéraire à l’approche du 10 mai.

Christiane MATHOS, présidente de l’association Les Amis des Antilles qui organise, depuis 30 ans, le Festival Outre-Mer en Bourgogne (OMB) a sollicité le Centre Francophonie de Bourgogne pour animer une causerie littéraire autour de l’abolition. Puisque 2026 marque le 25ème anniversaire de la loi Taubira qui reconnait la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité en France, l’association souhaitait une rencontre-débat autour de ce thème, cette abomination.
Christiane a choisi elle-même les 3 intervenants et cette soirée a eu lieu, à la belle librairie-café de Montceau-Les-Mines « Deux choses Lune », le samedi 9 mai, de 18h à 19h.
Etaient présents : Corinne ROLLIN, auteure d’une série de livres-mémoire sur Toulon sur Arroux, dont elle est maire depuis cette année, Caroline MUSQUET (Guadeloupe), ex-journaliste et fonctionnaire d’Etat et Raymond JOYEUX, (Guadeloupe), enseignant retraité.






Le public à l'écoute

La 1ère partie a été consacrée à un rappel de l’Histoire : la Traite et l‘esclavage aussi bien du fait des Européens que des arabo musulmans, le commerce triangulaire du seul fait de Européens et l’importation d’esclaves aux Amériques, les conditions odieuses de l’esclavage (avec exactions, punitions, exécutions mais aussi les révoltes, les incendies de représailles et la réalité des Marrons), les 60 articles du Code Noir de Colbert (1785). Puis l’émancipation (1793), l’abolition (fév. 1794), supprimée par Napoléon, la création d’Haïti (1804), 1er pays noir indépendant et enfin l’abolition définitive (avril 1848 en France) préparée dans les esprits, par l’Indépendance des Etats Unis, le scandale du navire Zork en Angleterre, la société contre l’esclavage de Lamartine (1834).
Et enfin, cette loi juste, appelée loi Taubira du 10 mai 2001 déclarant officiellement l’esclavage crime contre l’humanité.
C’est à partir de cette loi que Christiane Mathos a ancré le Festival OMB.
Puis la parole, en cette 2ème partie, a été donnée aux invités.
Corinne ROLLIN, par ailleurs membre active du Festival, a publié dans son 1er livre mémoire un fait historique : Toulon sur Arroux, petite ville bourguignonne, est la seule à avoir inscrit, en 1789, dans son cahier de doléances des élus du Tiers-États (1789) des idées abolitionnistes. Il est vrai que le maire de l’époque, un avocat, épousait les valeurs des Lumières.






Caroline MUSQUET (Guadeloupe), dans son essai « Clichés sur les Français d’Outre-Mer » (Caraïbéditions) a rappelé les clichés/préjugés/ à priori. Alors que l’on croit que nos concitoyens d’Outre-Mer ont une vie paradisiaque, Caroline a souligné quelques réalités : la vie chère, le chômage, les inégalités, le record d’obésité, les suicides en hausse et le scandale du chlordécone mais a souligné aussi la solidarité familiale. Concernant les clichés éculés sur les personnes (nonchalants, alcooliques, pas français ? Parlent tous créole, chauds au lit), Caroline a rappelé qu’il y a aussi, des clichés sur les Hexagonaux (grandes oreilles, Ils vivent tous à Paris).






Raymond JOYEUX, romancier et poète, nous a parlé du petit îlot de son enfance, le Grand-îlet, de l’archipel des Saintes, perdu au sud de la Guadeloupe. Lieu où il a situé son personnage, Ti-Auril, dans ce roman rafraichissant : « Ti-Auril, l’enfant sauvage du Grand -îlet » (Caraïbéditions) ; puis il a décrit sa vie parmi sa famille de pêcheurs, sa liberté dans la nature, le désastre des ouragans et son départ pour le collège en Guadeloupe, puis le lycée en Martinique, enfin la France (formations et enseignement) et ses retours au pays qui lui ont inspiré le poème « Je reviens » qu’il nous a lu en fin de séance (in « Domaine privé maritime » (Les ateliers de la Lucarne).






La mémoire comme une levier d’avenir et comme un lien entre les hommes et les femmes...

Merci à Corine, Caroline et Raymond pour ces moments de partage et MERCI à l’amie, Christiane, pour sa ténacité, ses convictions et la réussite de ce Festival qui perdure et rassemble beaucoup de gens.
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« Vertiges d’années-lumière » (L’Harmattan) de Pauline MICHEL, autrice, poète québécoise.

 Le Centre Francophonie de Bourgogne (CFB) a découvert et beaucoup apprécié : « Vertiges d’années-lumière » (L’Harmattan) de Pauline MICHEL, autrice, poète québécoise




Voici un recueil poétique de belle facture, aux métaphores frappantes, au vocabulaire étendu et précis. Un plaisir de lecture
Petite présentation d’un court florilège comme un avant-goût
Dans « Mutations » (p.13)
Mon corps-écorce ride
Se détache lentement
De la beauté du visible
Dans « Contemplation » (p.22)
Du couchant à l’aube
La perception vague de l’éternité
Panse les blessures ………..
Des passagers de l’existence
Dans « Solitude » (p.25) comme une nostalgie…
Obscure demeure du temps
Qui passe sans moi
Dans « Pas incertains » (p.38)
Qui sait quoi de nous …….
Dans l’angoisse
De l’imprévisible
Qui nous dit quoi ………….
Devant l’horreur ou la splendeur
Qui nous dira
Si nous sommes le tout ou le rien …
Comment savoir
Si l’espoir est infirmité….
Si vivre vaut mieux que mourir
Dans « Feux fuyants » (p.41), tout en allitération
Ce qui fut
Fuit
Ce qui fait feu
Flambe et s’éteint
Pourtant
Parfois
Ce qui fut
Demeure
Ce qui fait feu
Flamboie et embrasse
Et enfin dans « Aspiration » (p.78)
Oser
Un seul instant
Le vertige ………
De voir les autres en moi
Sans brouiller leur image
Ni oblitérer la mienne
Ne pas habiter seule mon miroir
Pauline MICHEL, en poète de talent, tutoie l’indicible, se complaint dans les mots contraires, multiplie les infinitifs, comme une fuite en avant hésitante, entre incertitude, fragilité et vertige.
Empreints d’humanité, ces textes ciselés, tentent de chercher un sens à notre vie éphémère.
En fin de compte, nous sommes-nous pas, bien que trop souvent au firmament de soi ou en iridescence du moi, insignifiante poussière dans l’immensité des années-lumière…

Rencontre avec Isabelle Picard (Québec), romancière, lauréate du Prix France-Québec 2025,

 

Rencontre avec Isabelle Picard (Québec), romancière, lauréate du Prix France-Québec 2025, pour son roman

           « Des glaçons comme du verre » (Flammarion-Québec).


Le titre québécois



Le titre édition française



Isabelle PICARD

Le prix France-Québec, organisé, chaque année, par l’association du même nom, outre l'attribution d'une indemnité financière, organise, ensuite, une mini tournée littéraire dans plusieurs régions françaises.

                Isabelle, accompagnée de Marc Martin, délégué national, a fait étape, le mercredi 29 avril, à la médiathèque de Chauffailles (Bourgogne). Rencontre sollicitée et mise en place par Georges PIERRE, Pt de Bourgogne-Québec.



                         France Mélençon Bourgeat, grande lectrice, transfuge québécoise, qui a choisi de se fixer dans ce coin de Bourgogne, assurait le rôle de modératrice de la rencontre.


                  

Accueil sympathique de Sylvie GUILLAUME, la directrice de la médiathèque et de Merzouk BOUADDOU, bibliothécaire.


              « Des glaçons comme du verre », titre québécois, retrace la triste histoire d’une famille Wendate (Huron), la propre famille de l’autrice.

Petit rappel du récit

              Henri, le père de famille est Wandat, son épouse, Belle, est une Blanche et leurs faits et gestes sont encadrés par les lois sur les Indiens, avec droit de regard sur leur vie de la part de l’agent des Affaires Indiennes, l’agent Biel, dans le roman.

            A la mort de Belle, d’un cancer, Henri, le père de cette famille de 10 enfants voit sa vie s’écrouler. L’administration, via Biel, n’aura cesse de lui retirer ses enfants, les uns après les autres.

            Liliane, l’aînée, âgée de 14 ans prend en charge la famille. Alors que le père brisé, sollicite les conseils de ses ancêtres et se réfugie dans l’alcool, Liliane, belle figure humaine, dans le livre, (en fait, la tante de l’autrice), sera toute sa vie le lien fragile mais tenu de cette famille dispersée.

          C’est encore Liliane, « la sœur-mère », qui cherchera sans relâche, ce qu’est devenue la petite Claire, l’avant-dernière de la fratrie, littéralement arrachée, en pleurs, à son père et à sa soeur; car on n’a jamais su dans quelle famille elle avait été placée. Liliane retrouvera, non pas Claire, morte en couches, mais sa fille, Marie-Josée.

           Un grand livre de l’humain, témoin de lois iniques d'un colonialisme qui ne dit pas son nom...

           Mais livre aussi du besoin de « Fouiller les endroits sombres de la mémoire » (Isabelle Picard).

           Dans une interview, Isabelle Picard précise : « J’avais besoin de combler des trous. J’avais besoin de savoir… » et elle ajoute, à juste titre, « Connaître son histoire, sa langue, sa spiritualité vient insuffler une force intérieure incomparable chez un peuple » et à travers la langue : « Toute la vision du monde qui est derrière… »

« Des glaçons comme du verre », un livre touchant et sensible. A découvrir.                                           


Le public



Les 3 prochains romans en lice pour le prix 2026




17 mai 2026

Nouvelle entrée de livres au fonds francophone


Voici  un nouvel achat d'ouvrages qui iront compléter le fonds francophone existant (environ 6000 titres)













 







Les Déracinés de la Réunion » (éd. Nouvelles sources) de Marie-Germaine PERRIGOGNE

 

Les Déracinés de la Réunion » (éd. Nouvelles sources) de Marie-Germaine PERRIGOGNE


             Voici un livre essentiel que le Centre Francophonie de Bourgogne (CFB) se devait de présenter.





             Mi autobiographie, mi livre d’histoire, mi témoin de Mémoire, « Les Déracinés de la Réunion » raconte une histoire terrible.

             Marie-Germaine PERIGOGNE a été enlevée à ses parents, à l’âge de 3 ans. Comme 2015 autres enfants ou pré-ados, (sans doute davantage), déplacés, transplantés, déracinés, déportés, de 1962 à 1984, vers des départements français peu peuplés comme le Cantal, l’Aveyron, La Creuse, etc… Ces « Enfants de la Creuse » comme on les appelle, ont été les victimes innocentes d’une décision d’Etat, donc légale, initiée par Michel Debré, député de la Réunion.

            Nous, parents ou grands-parents, peut-on imaginer un instant, le désespoir des parents et le ressenti de ces enfants complétement déboussolés ?..... Mais c'est impensable!

            Sous prétexte d’un avenir meilleur, avec la promesse jamais tenue de revenir aux vacances, cette ignominie a pris en otage des jeunes enfants en changeant leur nom et prénom, leur date et lieu de naissance, actes interdits par le législateur…en les rebaptisant même une 2ème fois !!!!! Malheureuse association : un sacrement couvrant une injustice, un déli !

           Marie-Germaine, avec un courage exemplaire, non empreint de hauts et de bas, a mené un combat difficile avec beaucoup d’autres dont elle su et dû entourer. Elle préside actuellement la FEDD (Fédération des Enfants déracines des départements et Régions d’Outre-mer).

          Il faut lire, acheter, faire acheter « Les Déracines de la Réunion ».

Le CFB accueillera en Bourgogne, les 27 et 28 mai prochain, Marie-Germaine et nous lui donnerons la parole. Et nul ne sera insensible à ces tristes et incroyables récits de vie.

Voici en avant-première, quelques extraits de ce livre témoignage : « La vie est éphémère…un chemin parsemé d’embûches et jalonné de drames. Je suis sur le chemin de la résilience après ce traumatisme effroyable, celui d’une enfant maltraitée, abusée, devenue une adulte forte et faible à la fois » (p.281). Et plus loin : « J’existe, j’aime, je vis, je me bats, je tombe et me relève » (p.286).

           Un bel exemple de courage, de ténacité, à dimension humaine, que le CFB aura l’honneur d’écouter et de soutenir.

Nouvelle entrée de livres au fonds francophone avril 26

 

Nouvelle entrée de livres au fonds francophone du Centre Francophonie de Bourgogne (CFB).

Après une visite fructueuse et riche en rencontres au salon du livre africain de Paris, le samedi 21 mars, où j'ai retrouvé des amis (Nadia, les deux Sophie, Corinne, Jean-Luc, Yasmina, Michèle...).

Dans quelques temps, ces ouvrages iront rejoindre leur bibliothèque municipale attitrée (Le Breuil, Montchanin et Torcy)



















26 février 2026

Francine ALLARD, une romancière (Québec) à l'honneur du CFB


          Le Centre Francophonie de Bourgogne a le plaisir de mettre en relief,

                              Francine ALLARD, 

                                            une écrivaine amie, 

                           et aussi artiste québécoise, qui nous a fait le plaisir de venir en Bourgogne en tournée littéraire, il y a quelques années, et que nous avons retrouvée, avec plaisir, à OKA (Québec), en 2016.



                    Née à Verdun, ville limitrophe de Montréal à l’époque, Francine Allard, bénéficie de l’ouverture d’esprit de ses parents. Elle fait du théâtre, perfectionne sa voix, entre au Conservatoire de musique et d’Art Dramatique, obtient un DEC en sciences humaines, étudie la philosophie, devient choriste à radio Canada, réussit le diplôme d’enseignante, prend en charge des enfants handicapés.

                Parallèlement, débordante d’activité, elle étudie l’aquarelle, la poterie et participe à des expositions de groupes.

               Chroniqueuse, un temps humoriste, cette forte personnalité, très ancrée dans son époque, prend position avec passion aux débats de société.

               Mais c’est aussi et surtout une écrivaine de grand talent. Ses romans (jeunesse et adultes), sa poésie, ne laissent pas insensibles (environ 80 publications). On sent derrière le trop plein d’énergie, un sens de l’autre, une ouverture, une sensibilité, une écoute, en somme une réalité humaniste.

             La trilogie "La couturière", remarquable, brosse un tableau du Québec du 20ème siécle et la saga "La clinique Valrose" nous plonge dans la réalité d'un établissement de santé côté soignants et côté soignés.

            Francine vit désormais à côté d'OKA, en maison avec Michel, son mari, malade.

            Francine écrit toujours. Son prochain roman "Pull rouge" paraîtra bientôt aux éditions Wampum.

Voici en images quelques oeuvres de Francine : 2 oeuvres littéraires, puis quelques réalisations artistiques.

(Une grande partie de l'oeuvre de Francine est désormais, en emprunt libre, à la Bibliothèque Municipale de MONTCHANIN (71-France), au fonds francophone du CFB, aire : Canada/Québec/Caraïbe))





                          































































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