14 juin 2010

Zaïda

Titre : Zaïda
Auteure: Anne Cunéo.
Genre : roman
Editions Bernard Campiche (Suisse)

Voici sans contexte un livre fort qui brosse, avec maîtrise, l’histoire d’une partie de l’Europe au XXème siècle. En réalité, ce récit couvre la période de 1870 à la fin du 20ème siècle.
Anne Cunéo, un écrivain phare de la littérature suisse romande contemporaine, utilise un subterfuge adroit. On remet à une arrière petite-fille, Alice, un carnet de Zaïda, son arrière grand-mère adulée, morte plus que centenaire, et qui l’avait recueillie chez elle à l’âge de 4 ans. Ce récit sorte de saga, plus de 200 pages écrites tour à tour en quatre langues, raconte, en fait, le 20ème siècle.
Zaïda, « la chanceuse », est mi anglaise, mi italienne, d’une famille aristocrate aisée de Cornouaille. Sa mère, conservatrice rétrograde dans l’âme, lui espère un mariage de grande famille mais le hasard contrecarre ce dessein funeste. Zaïda, à 18 ans, rencontre, sous l’orage, un jeune aristocrate anticonformiste, Basil. Ils se marient en peu de temps. Rupture définitive avec la mère et soutien indéfectible du père, un pilier de la City.
Zaïda veut devenir médecin, une idée révolutionnaire pour une femme à l’époque. Séjour à Pontoise quelque temps, puis départ pour Zurich afin d’ étudier la médecine avec, dans les bagages, une gouvernante française qui restera à son service toute sa vie et élèvera ses enfants.
Ce mari aimant va mourir, 1er drame, et il y en aura bien d’autres. Désormais médecin, elle revient en Cornouaille aider le médecin local, y fait ses preuves, et par la même occasion y rencontre son 2ème mari, un médecin, qui, à son tour, disparaîtra assassiné,en Italie, en lui laissant deux enfants.
Mariée ensuite à un chirurgien italien, originaire de Trieste occupée par le Autrichiens, d’une famille de banquiers, le couple vivra longtemps à Milan et aura un garçon (le grand-père d’Alice).
Ce couple généreux au service des autres va vivre la montée des périls du XXème siècle (le fascisme italien et allemand, la 2ème guerre mondiale, les lois raciales nazies) et avec clarté et maîtrise, Anne Cunéo va nous décrire de l’intérieur, la vie des gens en Italie, en Suisse, succinctement en Angleterre et en France. Menacés par les Chemises brunes du fascisme italien, ils vont fuir à Zurich où ils aideront de nombreux réfugiés Juifs ou résistants. Un bombardement allemand sur l’Angleterre verra périr leurs deux enfants et leurs petits enfants venus s’y réfugier. Seul survivra le fils du couple parti étudier aux Etats-Unis.
La guerre terminée, retour à Milan. Le couple se reconvertit dans la médecine psychiatrique pour aider les gens à surmonter les séquelles de la guerre. Petits enfants et arrière-petits enfants se succèdent. Ce 3ème mari avec lequel Zaïda a vécu plus de trente ans, disparaît à son tour.
A la fin de sa vie, elle recueillera son arrière petite fille, Alice, que sa mère néglige. Au moment de quitter la demeure de Zaïda, Alice emportera comme seul souvenir, deux tableaux, en fait les portraits témoins du seul amour passion de sa bisaïeule.
Récit passionnant et livre soigné de l’éditeur suisse Bernard Campiche.

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Anne Cunéo est née à Paris en 1936 de parents émigrés italiens. Après la guerre, elle revient avec sa famille à Milan. Au décès de son père, elle passe une partie de sa jeunesse dans des internats religieux en Italie ou en Suisse. Elle fugue en Angleterre, y apprend l’anglais et revient poursuivre ses études à Lausanne où elle obtient une licence en lettres.
Touche à tout, elle exercera de multiples métiers : serveuse, monitrice, téléphoniste, secrétaire, traductrice, enseignante, journaliste, scénariste et réalisatrice de cinéma !
Ensuite, elle se lance dans l’écriture qu’elle ne quittera plus avec le succès que l’on sait. Elle aborde tous les sujets, et bien des genres, comme le roman policier, participe à des expériences cinématographiques, radiophoniques, théâtrales, passe à la mise en scène et à la réalisation.
Cette auteure débordante d’énergie reste cependant à l’écoute du temps, se sent proche des gens malmenés par la vie et ce n’est pas un mystère si la sincérité de son écriture attire de nombreux lecteurs. Un grand écrivain.

6 mai 2010

La maison de Cicine

Titre: « La maison de Cicine »
Auteur: Mohamed Nédali
Editeur: Le Fennec (Maroc)
Genre : roman

H’Cine ou Cicine est le prénom du jeune frère (7-8 ans) d’Idar, le jeune sculpteur, un des personnages porteurs du roman.
A l’évidence, Mohamed Nédali nous offre un livre d’une grande profondeur humaine avec ce 4ème roman.
La pauvreté, la malchance (Allah ou le mektoub) pour beaucoup, annoncent la misère et l’exode rural vers les villes. Ici Marrakech.
M’Barek, le père d’Idar et de H’Cine, tient un moulin à eau. Un jour, l’oued en cru emporte parents, maison, biens et berges et laisse deux orphelins.
L’attrait de la ville comme bouée de salut les fait atterrir à Dar Louriki, un immeuble marraki, transformé en plusieurs chambres pour rentabiliser l’affaire.
Idar sculpte et arrive tant bien que mal à subvenir à leurs besoins et le petit H’Cine rêve à la maison qu’ils auraient dû reconstruire si les autorités n’avaient pas interdit désormais toutes constructions sur les berges de l’oued.
Mais Cheikh Océan de Savoirs, invité par deux locataires, étudiants en théologie, débarque , chaque soir, dans l’immeuble et tout s’en trouve bouleversé. Roulant en Mercédès noire flambant neuve, un signe, ce Cheikh va progressivement amener à la pratique religieuse intégriste tous les locataires. Avec beaucoup d’argent (magasins offerts) et des discours truffés à tout propos de sourates, du nom d’Allah et de son prophète, les locataires modifient leur comportement. Les femmes se voilent, prière commune le soir dans la cour de l’immeuble suivie d’un sermon d’une ou deux heures. Du lavage de cerveau en fait.
Seuls deux locataires qui s’aiment, Leïla et Idar, restent réfractaires à cette vie intégriste, car ils ne veulent pas sacrifier leur amour comme on leur demande.
Ce cheikh n’est pas si pur qu’il veut bien le laisser paraître et pour cacher son crime à l’égard de Leïla, il incite les locataires manipulés à rendre la justice de Dieu contre les impies et les deux amants périront dans l’incendie volontaire de l’échoppe d’Idar. Comme un leitmotiv, le petit H’Cine rappellera sur la tombe de son frère qu’ils auraient dû reconstruire leur maison.
Roman fort, profondément humain.
Mohamed Nédali sait nous rendre sympathiques et attachants les petites gens. En opposition, nous semblent repoussants tous ceux qui possèdent une parcelle de pouvoir : les gendarmes, les juges, les moquaddems, les makhzens, les autorités en général. Même le chauffeur du bus. Leur arrogance, leur suffisance, leur morgue, leur richesse affichée, donnent à toute autorité comme une sorte d’illégitimité.
Bien détestables aussi ces religieux autoproclamés qui sous couvert de religion oppriment les petites gens, les manipulent et les exploitent.
Voici un vrai roman humaniste.
Le critique Salim Jay qualifie Mohamed Nédali de Zola marocain. Ce n’est pas un terme usurpé. En tout cas, la littérature marocaine contemporaine compte désormais un auteur de talent.

Citations : « Cheikh était un homme riche…Son apparence avait beau être simple et sobre, elle n’en dissimulait pas moins un certain nombre d’indices révélateurs d’une grande aisance matérielle : ses vastes gandouras noires en soie pure, ses babouches de daim finement travaillées, l’or massif de son gros anneau, le petit chapelet en ambre jaune toujours enroulé autour du poignet… » (p.149).

« Te voilà mort, toi aussi, dadda ! dit le petit H’cine, les yeux fixés sur la tombe de son frère. Mort comme papa et maman et lalla Zehra….Toi aussi, dadda, tu es mort ! Pourtant j’ai pas arrêté de te dire : retournons chez nous, dadda ! Retournons au douar, dadda ! Allons reconstruire
notre maison !... » (p. 265)


Mohamed Nedali enseigne le français au lycée de Tahannaoute.
« La maison de Cicine » fait suite à « Morceaux de choix », « Grâce à Jean de La Fontaine » et à « Le bonheur des moineaux ». Tous des romans.
Mohamed Nedali a obtenu le prix 2009 de la diversité en Espagne (Barcelone). (Voir sa biographie dans un article précédent de notre blog)

14 avril 2010

« Le silence des esprits » de Wilfried N’Sondé (Actes Sud)

Livre important pour notre époque, qui décrit de l’intérieur, la situation dramatiquement humaine de jeunes immigrés. Sans papiers, mots durs à porter et qui font de vous un clandestin.
Dès lors, pour Clovis, ce jeune sorti de la guerre civile congolaise et des exactions proches de la barbarie, commence un dangereux jeu du chat et de la souris dont l’issue sera sans appel : l’expulsion et son inévitable conséquence, la misère voire la mort.
Pourtant en échappant à un contrôle, le jeune congolais traqué, trouve dans un train de banlieue, en la personne d’une aide soignante, en mal de vivre aussi, le réconfort, l’écoute, la compréhension, la sympathie. Il en arrive même une fois en sécurité à se confier et du même coup à soulager sa conscience.
L’avenir s’annonce prometteur, mais la réalité le rattrape: un barrage de CRS, le lendemain matin, en allant acheter des croissants pour fêter un bonheur à portée de main.
L’amour jadis fusionnel avec sa sœur jumelle aujourd’hui introuvable, rajoute encore au drame de la clandestinité, la dureté de la déchirure fraternelle.
Avec ce nouveau livre, N’Sondé revisite à nouveau, après « Le cœur des enfants léopards », la situation des jeunes immigrés, confrontés au télescopage des cultures, au mal être quotidien et aux suspicions permanentes.
Comment peut-on se construire quand on est jeune dans ces conditions ?
Livre bien écrit, au style agréable, aux tournures originales. Chapitres courts, successions de petits paragraphes qui rendent aisée la lecture.

Citation « C’est bien Clovis, maintenant il faut couler dans le délice et l’oubli ».
« Mon envol d’un instant avait fini par se briser, anéanti au contact de l’acier et de la loi ! Je continue mon errance vers nulle part, parqué comme une bête, l’amertume au cœur et les rêves en lambeaux
».

Wilfried N’Sondé est né en 1969 au Congo Brazzaville. A 5 ans, il émigre en France, dans un quartier populaire de la Région parisienne. Il fait ses études : licence en Sorbonne et maîtrise de sciences politiques à Nanterre.
Un peu globe-trotter, après Londres, Rome, Vienne et Madrid, il atterrit à Berlin où il vit en ce moment.
Musicien et compositeur (style rock trash voire afro punk), il vit de sa musique et travaille aussi comme éducateur de jeunes en difficulté.
En 2007, il publie un 1er livre très remarqué « Le cœur des Enfants léopards » qui obtient coup sur coup, le prix RFO, le prix Senghor et le prix des cinq continents de l’O.I.F.
Puisant dans sa propre expérience comme beaucoup d’auteurs, en prise directe avec la réalité sociale en France, Wilfried N’Sondé, aborde l’exil, le déracinement, le métissage de la langue, le partage entre deux cultures.
Après ce 2ème roman de grande tenue, il faudra suivre ce nouvel auteur francophone de la littérature urbaine ou des banlieues. De beaux textes en perspective.

8 février 2010

Juillet au pays (Michèle RAKOTOSON)

Titre : Juillet au pays
Auteur :
Michèle RAKOTOSON
Editeur : Elytis (Bordeaux)
Genre : Chronique

Le livre que le Centre Francophonie de Bourgogne présente, ce mois-ci, est original à plus d’un titre. Original le papier utilisé, inédit le format (17x 24), bien choisies les reproductions de cartes postales anciennes et de timbres poste de l’époque, bienvenues les citations du poète Rabearivelo ou autres, preuve d’une réelle culture malgache. Ce n’est pas seulement une chronique, mais un livre souvenir, un livre histoire, un livre musée, un livre mémoire familiale.
Après 19 ans d’exil en France, Michèle Rakotoson qui avait dû fuir la dictature en 1983, revient à Madagascar, en juillet 2002.
Etant habituée à la vie parisienne, ayant phantasmé sur la Grande Ile, enjolivé le pays, rêvé d’un Eden de retrouvailles, à son arrivée, le choc est écrasant. Dès lors, d’Antananarivo, la capitale, à Ambohitantely, la ville de ses grands parents , sur les Hauts Plateaux, le spectacle des villes et villages, des rues, des bâtiments, des véhicules, des champs, l’écoute des confidences, les appels à l’aide, la réalité saute aux yeux, le pays qu’elle aime, s’enfonce dans la paupérisation. Et les termes utilisés sont sans équivoque : stigmates, victimes, bras ballants, sécheresse, pauvreté, misère, compassion, terres stériles, crasse, chaos…
Mais Michèle Rakotoson vient en écrivain et les écrivains sont les gens du temps. Et sans concession, elle désigne les responsables d’un tel délabrement : la colonisation française sanguinaire et prédatrice pendant un siècle (comment la patrie des Droits de l’Homme a-t-elle pu commettre les ignobles atrocités de 1947 ?), la main mise de la France après l’Indépendance, les dictatures, la corruption, les singeries de l’Occident, le déliquescence de l’Etat, la mondialisation et autre ultra libéralisme, les oukas suicidaires de la Banque mondiale et du FMI.

Son retour ne saurait se résumer à un simple retour au pays, c’est aussi un retour sur ses origines, son clan, sa famille, sa mémoire familiale. Comme pour le pays, la mémoire de sa famille gît en miettes dans l’humidité et les rats, au fond d’une remise. En bonne Mérina, elle laisse peu paraître ses émotions, mais la souffrance est là, brute, injuste, étouffante, comme un coup à l’estomac, qui transpire. Comment compatir à la douleur de ses ancêtres en lisant les carnets restants ? Comment un peuple peut-il se construire si rien n’est gardé de son histoire ? Camus disait que « la pauvreté n’a pas d’histoire » et Michèle Rakotoson le découvre et crie sa colère avec des mots, des mots mais avec quels mots dire la vérité ?
Chronique d’un retour est un grand livre comme une mélopée lancinante qui exprime, douleur et souffrance et aussi espoir, car l’auteur sait que les Malgaches sont courageux, déterminés, l’histoire l’a prouvé. Mais que de choses à changer !
Style, juste, concis, précis, ton intimiste comme dans un grand rêve éveillé. Chroniques d’un retour est le récit d’un grand écrivain comme Cahier d’un retour au pays natal.
Retour entre douceur et violence, maîtrise de soi et colère, suggestion et dénonciation, analyse lucide et découragement, entre humanité et espérance. Livre d’une grande profondeur et dignité.

Citation
« Pour survivre à l’Occident…à l’efficacité factice, je me suis raccrochée de toutes mes forces à ce coin de terre, que j’ai créé, recréé, adapté à tous mes états d’âme, refusant de m’enraciner ailleurs, des ailleurs qui auraient pu être chez moi,… ce lieu-ci ressemble étrangement au pays rêvé, mais il ne l’est pas. Quel lieu pour la mort et l’éternité ? »



Michèle Rakotoson est née à Tananarive en 1948. D’une famille cultivée (père journaliste, mère bibliothécaire), marquée par le protestantisme rigoureux, elle étudie au lycée Jules Ferry de Tananarive, obtient une licence de lettres malgaches.
Un temps professeur de lettres, elle doit s’exiler en 1983 pour raisons politiques. A Paris, elle passe un DEA de sociologie, puis devient journaliste à RFI et RFO. Et RFI lui confie le concours de nouvelles francophones.
Metteur en scène, auteure de pièces de théâtre, comme sa grand-mère paternelle, écrivain, militante du livre, Michèle Rakotoson est de tous les combats : contre les injustices racistes et sociales, contre les dégradations de la planète, contre l’autoritarisme politique, contre les atteintes aux Droits de l’Homme.
Son œuvre souvent centrée sur Madagascar évoque le sida, l’approche de la mort, les relations humaines. Son style plutôt intimiste revisite ce qu’il y a de plus profond chez l’être humain
Témoin infatigable, elle a sillonné le monde et marqué ses auditoires de ses interventions passionnées.
De retour au pays, elle se consacre désormais au renouveau de l’édition malgache.

21 janvier 2010

LA SEMAINE DE LA DIVERSITE

Rétrospective


Présidée par Claude Thomas, l’association Centre Francophonie de Bourgogne, a pour habitude d’organiser diverses manifestations où la rencontre, la création et le dialogue, sont très souvent les mots d’ordre.

L’événement qui se déroule jusqu’à vendredi à la salle du Morambeau du Breuil s’inscrit parfaitement dans cette logique.

La semaine de la diversité est un mélange de débats, de discussions entre professionnels et jeunes, de témoignages, d’animations, de repas à thèmes et de spectacles portant en fait sur la richesse de la diversité sous toutes ses formes. Puisque, qu’elle soit culturelle, humaine ou bien religieuse, celle-ci ne peut qu’être bénéfique.

Bénéfique pour les adultes comme pour les plus jeunes. Les jeunes étaient d’ailleurs au centre du thème abordé ce mercredi. Un thème qui a donc bien fait ressortir le côté primordial et bénéfique du phénomène de diversité.

Primordial tout d’abord puisque, les discussions ayant eu lieu hier tout au long de l’après-midi, ont soulevé l’idée que la diversité signifie certes la distinction entre plusieurs individus ou plusieurs groupes mais que cela impose également de respecter les différences de chacun, en ne portant absolument aucun jugement sur les convictions de l’individu, qu’elles soient ethniques, morales ou physiques.

Enrichissant ensuite parce que c’est de ce phénomène que découle une intégration durable et solidaire, aujourd’hui cruciale pour les jeunes se cherchant une place dans la société.(in Creusot-infos.com)
Mardi 24 novembre 2009 : La diversité culturelle
Claude Thomas, président du Centre francophonie de Bourgogne précise les objectifs de la semaine de la diversité :
Provoquer la rencontre, vaincre la peur, développer la tolérance, amorcer le dialogue pour mieux vivre ensemble, car l’objectif profond, notre valeur référence, c’est l’homme.


Monsieur Mohamed Larbi HAOUAT, vice-président de l’AFAL, rappelle la nécéssité pour la francophonie de faire valoir ses droits, à savoir utiliser le français dans les instances internationales. C’est aussi une manière de respecter les autres langues et la diversité culturelle.



L'historien Marcel Dorigny expose avec démonstration à l'appui, les différentes époques et modalités de la traite de Noirs et les répercutions dans les Caraïbes.

Monsieur Launay, chercheur au CRNS, et Nicole Launay, enseignante, spécialistes de la Guyane, parlent de ce département cosmopolite, au fort multiculturalisme, et précisent qu’un tiers des enfants arrivant à l’école ne savent pas parler français.



Mercredi 25 novembre 2009 : La diversité chez les jeunes


Les jeunes du lycée Hilaire du Chardonnet de Chalon (71) et leur professeur, Denise Bousquet, montrent en vidéo leurs actions humanitaires au Niger, et aux Philippines, dans un foyer de jeunes filles abusées.



Le jeune écrivain Thomté Ryan, franco- tchadien, montre dans un dialogue avec une jeune lycéenne du lycée Léon Blum du Creusot qu’être jeune des banlieues n’est pas être condamné à l’échec automatiquement .

La projection d’un document socio-culturel de Michel Meiffren intitulé «Parcours croisés» a mis en avant les réactions dejeunes chalonnais de toutes origines.

Christian Revenu, directeur de la Régie des quartiers du Creusot (71), montre l’importance d’une régie de quartier : création d’emploi, insertion professionnelle et cohésion sociale. Une régie est une porte d’entrée entre deux mondes qui ont du mal à se rencontrer.

Jeudi 26 novembre 2009 : la femme dans la diversité
Safia Otokoré, vice-présidente de la Région Bourgogne, a rappelé qu’ « une société qui s’occupe de ses femmes est une société qui grandit et s’enrichit ».







Evelyne Couillerot, 1ère vice-présidente du Conseil général de Saône et Loire n’a pas manqué de dire que « les femmes sont une diversité en elles-mêmes et pas une infériorité ».


Yvette Gressard, une militante de longue date des Droits des Femmes, a soulevé la nécessité de poursuivre la lutte pour l’égalité des chances et à ne pas déserter le combat.



Nathalie Bonnot, déléguée départementale aux Droits des femmes et à l’égalité, a rappelé, chiffres à l’appui, « que la parité entre hommes et femmes est loin d’être atteinte ».


Nadia Chafik, universitaire et écrivain marocain (Rabat), présente les statuts des femmes au Maroc (matriarcat, patriarcat) et dit que le nouveau code de la famille fera que les différences s’effaceront peu à peu mais ce sera long et inégal sur le territoire.


Puis dans un dialogue avec Véronique Tadjo, écrivain (Côte d’Ivoire), ces deux écrivains africaines, ont bien précisé qu’il y a des Afriques et que les situations des femmes sur ce continent sont très diverses.



La jeune Maria GALLO, de l’ESAT de Le Breuil, a montré que l’intégration pour les personnes porteuses de handicap est réalisable par le travail.




Vendredi 27 novembre 2009 : la diversité dans la religion


«Présente-moi ta religion», tel était précisément le thème abordé le vendredi, à l’occasion du dernier après-midi de discussions de cette semaine initiée et mise en place par le Centre Francophonie de Bourgogne. Pour parler de ce thème, ce sont deux personnalités importantes dans le domaine de la religion qui se sont présentées devant l’assemblée. En fait, elles représentaient deux religions différentes..


L’un étant le père Dominique Oudot, vicaire de l’évêque d’Autun et donc de confession chrétienne, et l’autre Monsieur Mahmoud Zuhair, directeur de l’Institut Européen des Sciences Humaines et de confession musulmane. Ayant notamment exposé leur concept de la religion et leur propre définition de la foi, ils ont aussi insisté sur un point important, à savoir celui que la diversité s’observe au sein même d’une religion

mais que cette diversité n’empêche en aucun moment l’existence de liens très forts voire même fraternels.

C’est d’ailleurs cette idée de richesse de la diversité qui prédominait à l’issue de la manifestation en place depuis mardi et fut, pour une première, une réussite incontestable.


La semaine de la diversité s’achève de belle manière par un concert, sorte de voyage musical poétique, voyage magique, autour de la Méditerrannée (chants tziganes, berbères, grecs, yiddish, yéménites…) avec la voix merveilleuse de Natasha Bezriche.


Une semaine de partage, d'écoute , de rencontres et de dialogues à travers les débats, les animations (danses et calligraphie), les repas des nationalités, les spéctacles et l'espace librairie.
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Cette importante manifestation humaniste et conviviale a pu se réaliser grâce au soutien des partenaires suivants que nous remercions: L'ACSE (le plus important), le CUSC, le conseil Régional de Bourgogne, le fonds d'intervention culturel de la Communauté Creusot Montceau, le conseil général de Saône et Loire, le ministère des Droits des femmes et de l'égalité, le Crédit Agricole.
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20 janvier 2010

LE CENTRE FRANCOPHONIE DE BOURGOGNE présente ses voeux à tous ses visiteurs.
Puisse 2010 apporter à chacune et chacun d'entre vous, santé, joie, épanouissement et à l'humanité, l'esprit de paix, de tolérance et de fraternité, dans une diversité riche de possibilités.

10 janvier 2010

La couturière - Francine ALLARD

Titre : "La couturière"
tome 1 :" Les aiguilles du temps"
tome 2 : "La veangeance de la veuve noire"
Auteure : Francine Allard
Genre : roman
Editeur : Les trois Pistoles (Québec)

Francine ALLARD, écrivaine, poète, artiste québécoise

Présenter Francine Allard n’est pas une exercice simple tant cette auteure embrasse des domaines très variés.
Née en 1949 à Verdun, ville limitrophe de Montréal à l’époque, Francine Allard, bénéficie de l’ouverture d’esprit de ses parents et dès lors sa formation s’en trouvera très étendue. Elle fait du théâtre, perfectionne sa voix, remarquable dit-on, entre au Conservatoire de musique et d’Art Dramatique, obtient un DEC en sciences humaines, étudie la philosophie, devient choriste à radio Canada, réussit le diplôme d’enseignante, prends en charge des enfants handicapés.
Parallèlement, débordante d’activité, elle étudie l’aquarelle, la poterie et participe à des expositions de groupes.
Chroniqueuse, un temps humoriste, cette forte personnalité, très ancrée dans son époque, prend position avec passion aux débats de société, comme celui récent de la réforme des programmes de l’enseignement.
Mais c’est aussi et surtout une écrivaine de grand talent. Ses romans (jeunesse et adultes) ne laissent pas insensibles. On sent derrière le trop plein d’énergie, un sens de l’autre, une ouverture, une sensibilité, une écoute, en somme une réalité humaniste.
Poète, « Au bout du quai », « Vocalises sur un sanglot », ses mots nous attrapent, nous bousculent et on se retrouve « tout chose ».
« Ne plus entendre les gémissements indigestes
de nos géniteurs frustrés
» in Vocalises… Et Vlan !!!!

Aujourd’hui, Le Centre Francophonie de Bourgogne a le plaisir de présenter les 2 tomes déjà publiés de sa trilogie « La couturière », ouvrages auxquels nous souhaitons de nombreux lecteurs.

Deux livres passionnants à lire et à offrir.

- Tome 1 « Les aiguilles du temps »

Le récit de cette trilogie annoncée commence en 1910, à Lachine, sur les bords du Lac St Louis au Québec, boulevard St Joseph.
Adelina Trudel, mère d’Emilia, met au monde un garçon, Victor, mais meurt en couches. Donatienne Crevier, la sage-femme, qui aime Josephat, le père, se mettra discrètement en ménage avec lui mais ne deviendra jamais sa femme, à son grand désespoir. Blessure qu’elle portera toute sa vie. Cependant, elle aura le temps de donner la passion de la couture à Emilia qui en fera son métier par la suite et s’affirmera comme créatrice bien en vue.
Ce roman qui se lit aisément dresse le destin de deux femmes: Emilia et Donatienne.
Pendant la crise, de familles aisées en familles riches, Emilia assurera les toilettes des mariages et du même coup aidera sa propre famille à survivre. Déçue par des prétendants inconstants, en recherche continuelle d’affection due au manque d’amour maternelle, elle rencontrera l’amour en Louis Turgeon, malencontreux chauffeur de bus que Victor, le frère d’Emilia ira percuter, un soir d’euphorie.
Donatienne, enceinte, quittera, elle, discrètement Lachine, après le décès de sa mère et son désamour, et, en femme avisée et concrète, se lancera dans l’herboristerie et la fabrication du cidre, même si les pommes au début sont « empruntées » avec le complicité du moine Michel, son amant, au couvent voisin. Poussée par ses « amis » Indiens, elle acceptera la distillation du cidre en calvados avec les risques encourus de la prohibition.
Récit bien mené, descriptions précises et imagées, Francine Allard, en écrivaine de talent, a le don de l’écriture et l’art des chutes et des rebondissements. Un roman qui nous transporte dans ce Québec qui nous est cher. Un régal.
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- Tome 2 « La vengeance de la veuve noire »

Ce 2ème tome poursuit en parallèle la vie des deux héroïnes : Donatienne Crevier et Emilia Trudel.
Donatienne développera ses connaissances en botanique et deviendra une soignante par les plantes très recherchée. Son herboristerie, célèbre dans toute la région, fera vivre son fils Joseph et la belle famille dede ce dernier. Mais cette vie de réussite ne se fera pas sans drame. Son amant, un ancien moine passionné de botanique, retournera au couvent pour l’amour des plantes, une gloire espérée et l’argent. La vengeance de Donatienne sera alors impitoyable.
Courageuse, elle couvrira, seule, la distillation interdite de l’alcool et sera internée. Même en prison, son aura attirera les êtres en perte de repères et recueillera chez elle une ancienne prostituée.
Cette femme de caractère évitera à son fils la conscription et n’hésitera pas à aller jusqu’au meurtre pour le protéger contre les autorités. Une femme d’exception.
Emilia, avec le même sens de l’indépendance, remarquable à une époque machiste, deviendra une créatrices de mode que les dames riches s’arracheront non sans être frappée, elle aussi, par des épreuves douloureuses : le décès de son frère au-dessus de la Hollande, la dérive fasciste et criminelle de Louis, son mari. Heureusement, elle trouvera la paix dans les bras d’un homme bon et attentionné, s’achètera une voiture au mépris des bonnes manières sociales, et peut être ce véhicule facilitera-t-il, dans le 3ème tome, intitulé « La persistance du romarin », la rencontre avec celle qui fut un court temps sa « mère », l’herboriste Donatienne !

Deuxième tome que l’on dévore avec bonheur.
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Vous pouvez écouter Francine Allard parler de ses oeuvres sur

http://www.youtube.com/user/MEMOIREVIVEfallard

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