13 février 2018

Le dernier roman d'Armel Job

  Une femme que j’aimais

              Armel JOB ((Belgique)
                                        Editions Robert Laffont 

              Superbe roman, mi policier mi thriller, à la Simenon, sur fond de chroniques locales.
             Le récit
              Claude, jeune aide-pharmacien, à Charleroi, célibataire, reste très attaché à sa tante, la belle Adrienne.  Adrienne, née Vanhout, est l’épouse de l’oncle André Jansens, le frère du père de Claude. André, aujourd’hui décédé, tenait une boucherie charcuterie, aidée au comptoir par sa femme, Adrienne.
         
             André Jansens, ancien baroudeur, soldat en Corée l’avait épousée, contre toute attente, malgré de nombreux prétendants, plus ou moins déclarés.

 Claude a pris l’habitude de rendre visite à sa tante, chaque semaine, dans sa grande maison, la Villa Circé.
            Adrienne aime ce neveu qui ne l’a pas oubliée. Julie et Philippe, ses propres enfants la délaissent et les parents de Claude voient d’un mauvais œil ces visites régulières. C’est que le passé est lourd de sous-entendus. Les femmes la mère de Claude et Adrienne ne s’apprécient guère.
            Or, lors d’une visite hebdomadaire, sa tante ne vient pas l’accueillir comme à son habitude. Et pour cause, elle git inanimée dans sa cuisine.
Il relève le corps, l’installe sur une table, remarque qu’elle a la nuque brisée et appelle sa mère. Mais dans son esprit un doute subsiste : chute mortelle ou assassinat ?
          Ses parents, surtout sa mère, le dissuadent de signaler ses doutes à la police car il serait le 1er accusé.
 Il se rappelle alors, que, lors d’une visite, sa tante lui avait dit vouloir lui confier un secret. Secret qu’il ne souhaitait pas entendre pour ne pas entrer dans l’intimité de sa tante. Mais désormais, il s’interroge et décide de chercher quel était ce secret.
 Après l’enterrement, commence sa propre enquête. Et il va aller de surprises en surprises.
          Les remplaçants de son oncle à la boucherie, surtout, l’épouse, la soupçonnaient d’avoir un amant, un modeste électricien, qu’elle allait voir tous le vendredis après-midi, un certain Colbers. Après contact avec l’ancien serveur du café, Norbet  Bonami, aujourd’hui en maison de retraite, et vérification auprès de la veuve Colbers, qu’il a dénichée, le mari n’avait pas d’amante.
         Entre temps, sa cousine Julie, lui remet une grosse enveloppe d’Adrienne. Et à l’intérieur, les lettres d’amour qu’il y découvre, orientent ses recherches.
De fil en aiguille, Claude apprend que sa tante a aimé passionnément un mineur Italien, le beau Calogero et qu’il logeait chez une dame, une certaine madame Potelle.
          Adrienne a été mère à 17 ans ; son père l’a éloignée du domicile parental, pour éviter le scandale. Elle a été accueillie chez la sœur d’un prêtre, le père Paul, ancien enfant juif converti, dont les parents sont morts lors de la Shoah.
 Le père Paul est adulé par les gens. Il est dévoué, généreux et a beaucoup aidé les familles de mineurs lors de la grande catastrophe où a péri, hélas, Calogero. Mais il découvre aussi un personnage trouble, à plusieurs facettes.
          Claude apprend qu’Adrienne se faisait aussi appeler Angelina. Qu’elle avait fréquenté, comme ses parents, la JEC/JOC animée par le père Paul. Que tout le monde était attiré par la beauté d’Adrienne, son père, son oncle et même le père Paul.
          Petit à petit, Claude découvre qu’Adrienne/Angelina avait une fille, Nadine, un amour de Calogero, aussitôt retirée à la naissance et adoptée par les époux Colbers.
Le soupçon de meurtre demeure. Qui est l’auteur ? Son propre père ? Une femme jalouse ?
          Il rencontre Nadine, la fille d’Adrienne qui s’est éloignée de Charleroi et de ses parents adoptifs et qui, visiblement, a tiré un trait sur son passé encombrant.

 Claude découvre enfin comment est morte Adrienne.
          Armel Job tisse son action en entremêlant l’histoire de la Belgique, en analysant en permanence le comportement secret de chaque personnage, en pointant du doigt, les haines, les amours, les passions, les souvenirs, la nostalgie, les regrets, les doutes. Il excelle à décortiquer les codes sociaux de l’époque et discute le comportement des institutions d’alors, dont celui de l’Eglise.
Et pour court circuiter l’intuition du lecteur, Armel Job va même imaginer de fausses pistes.
         Roman de grande qualité, palpitant. Style agréable.
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Citations:

« Quand on tient à ses illusions, c’est fou ce que l’imagination peut aller chercher. » (p.83)

« Par quel abus exorbitant, quelqu’un peut-il s’arroger le droit de s’emparer de l’âme d’autrui ? Y a -t-il quelque chose de plus inaliénable que la conscience ? » (p.194)

(Que faire) « Devant la détresse de ceux qui n’ont que la superstition comme réconfort » (p.199)

« Les curés disent qu’il n’y a pas de foi sans les œuvres, mais il y a des oeuvres qui se passent allègrement de la foi » (p.205)

« On ne désire rien si fort que ce qui est refusé » (p.256)

« Autant le malheur est résistant le plus souvent, autant le bonheur ne tient qu’à un fil » (p.256)

« On est plusieurs personnes successives dans la vie. L’adulte en qui on se transforme fait bien des fois regretter aux parents l’enfant dont il est issu » (p.264)

 « Les enfants n’ont pas à demander raison des actes de leurs parents. Les parents ont vécu, les enfants feront de même, de leur mieux » (p. 277)

« Une mère naturelle reçoit son enfant, une mère adoptive l’acquiert » (p.278)
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Armel JOB en lecture
                      Armel Job et né en 1948 à Durbuy (Belgique) non loin de Liège, dans une famille qui comptait quatre garçons. Son père était matelassier. Il fait ses études secondaires comme interne dans le bastion des études classiques du Luxembourg, le séminaire de Bastogne. Il y acquiert une solide formation axée sur les langues anciennes. Ensuite, il entre à l’université de Liège et acquiert le titre de licencié agrégé en philologie classique.    
                  À partir de 1970, il enseigne le grec et le latin pendant vingt-trois ans au séminaire de Bastogne. Au cours de cette période, il publie de nombreux articles philologiques et pédagogiques. En 1993, il prend la direction de son école, poste qu’il quitte en 2010 pour se consacrer entièrement au roman. 
                 Il est l’auteur d’une vingtaine de romans et de 2 pièces de théâtre.  Armel JOB est un auteur majeur de la littérature contemporaine d’expression française belge.      
               C’est ainsi qu’il collectionne les prix : 
      -Prix René-Fallet (2001) du 1er roman pour Femme manquée
      -Prix Victor-Rossel des jeunes (2002), le Goncourt belge et le prix des lycéens (2003) pour Héléna Vannek (éd. Robert Laffont et Mijade)
       -Le prix Simenon (2010) pour Tu ne jugeras point et à nouveau
      le Prix des lycéens (2011) pour ce même roman.
            A noter que la plupart des oeuvres d'Armel JOB sont disponibles à la BM du Breuil (Saône et Loire-France), siège du fonds francophone du Centre Francophonie de Bourgogne.


27 janvier 2018

Le poids de la neige

Le poids de la neige

            De Christian Guay-Poliquin (Edition la Peuplade-Québec)
                           (Prix France-Québec 2017, entre autres)

Prix France-Québec 2017
             D’un style limpide, linéaire, au vocabulaire accessible, Christian Guay-Poliquin, Québécois, nous décrit un Robinson Crusoé des Neiges ou plutôt deux Robinson Crusoé, dans « Le poids de la neige ».
           Ce bon et beau roman, aux abords très agréables, est rempli de symboles que nous verrons ultérieurement.

Le récit

          Dans le grand Nord canadien/québécois, non loin de la côte, un jeune homme, disons d’une trentaine d’années, absent de son village depuis longtemps, revient revoir son père, ancien mécanicien.
        Mais la neige est haute, le sol glissant et, inévitablement, le véhicule se retourne, blessant grièvement aux jambes, le conducteur.
Les secours ne peuvent venir que des habitants du village. Or, beaucoup ont fui ces conditions apocalyptiques.
        Néanmoins, on le délivre et, ironie du sort, on le confie à un homme valide mais âgé, plutôt bourru, Matthias, étranger au village dont le vœu profond est de repartir rapidement de ce lieu pour rejoindre sa femme, en ville. C’est un peu donnant donnant. S’il sauve le blessé, on l’aidera à repartir à la ville, visiter sa femme à l’hospice.
         Dès lors, c’est un huis clos à deux dans une maison réquisitionnée dont les propriétaires ont fui.
Le vétérinaire du village, improvisé médecin, et Maria, la pharmacienne, à la féminité attractive, passent soigner le blessé, donnent les médicaments nécessaires. Et, notons que la survie des deux dépend de la distribution des rations alimentaires villageoises.
       Enfermés qu’ils sont, se butant l’un à l’autre, l’atmosphère est parfois électrique. Il y a du Sartre dans cet épisode. Le huis clos est insoutenable. « L’enfer, n’est-ce pas l’autre ?». Le drame ne tient qu’à un fil. L’instinct de survie ou le hasard, l’emporte. Le jeune homme se rétablit. Le jeune homme à peine valide, les responsables villageois le sollicitent pour réparer un engin tout terrain (il était autrefois mécanicien avec son père). Pendant ce temps, en catimini, son compagnon et aide-soignant obligé, prépare sa fuite, en accumulant vivres et essence.
         Au hasard d’une partie de pêche, comme Robinson découvrant des vivres, ce Robinson des neiges, déniche une voiture, dans une maison abandonnée, en bonne état de marche et du carburant.
        Comme son compagnon, penaud et dépité, a échoué dans sa fuite solitaire, la délivrance pour eux deux, et en unissant leurs forces cette-fois-ci, viendra de ce véhicule, dès le dégel.
       Ce roman dépouillé a plusieurs mérites : montrer l’égoïsme de certains individus, devant l’incertitude des lendemains, la solidarité affichée d’autres, l’attrait de l’élément féminin dans un lieu isolé, l’intelligence et la ténacité de l’homme pour survivre et, par-dessus tout, le « poids » énorme de la nature quand les éléments de déchaînent.
       Et que dire de la litanie de ces prénoms : Joseph, Jonas, Jean, José, sorte de Je en miroir, car je est important, quand il faut sauver sa peau….
       Et puis, ce beau roman touche à plusieurs mythes et ouvre, de fait, plusieurs voies. Le plus évident celui de Robinson Crusoé, isolé sur son île, puis, celui de l’arche protectrice de Noé avec la maison engloutie par la neige, la théorie existentialiste du Huis Clos de Sartre « L’enfer, c’est les autres » et celui du Radeau de la Méduse où le radeau, ici, est un véhicule à essence.

                                Quoi qu’il en soit, en tissant son roman autour du froid constant, de la férocité du blizzard, de  l’obscurité (l’électricité étant coupée),  de la souffrance et de la solitude dans l’hiver canadien, n’est-ce pas un hymne à la neige, à la nature hostile, que nous livre, ce jeune auteur québécois de talent ?

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          Christian Guay-Poliquin est un jeune écrivain québécois. Il est né en 1982 à Saint-Armand.
         Après des études supérieures en littérature à l’université du Québec à Montréal, il obtient une mention d’honneur à la maitrise en Etudes littéraires.
Ce doctorant à l’université de Champagne, publie Le fil des kilomètres (Ed. La Peuplade), 1er roman remarqué par la critique et en 2017, un 2ème roman, Le poids de la neige, qui remporte aussitôt, entre autres, le prix de littérature des collégiens, Le prix France-Québec et le Prix littéraire du Gouverneur général.
      A l’évidence, un écrivain prometteur.
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7 janvier 2018

         Présentation des invités du Centre Francophonie de Bourgogne ( auteurs et artistes) présents aux 5èmes Rencontres de la diversité, les 22/23/24/25 novembre 2017, en les remerciant de leur participation.


Abel JAFRI, d’origine algéro tunisienne, est un comédien français qui a joué un rôle important dans le film culte d’Abderrahmane Sissako, « Timbuktu ». Il a vécu enfant à Montchanin (71). 

Abel Jafri a aussi publié un roman autobiographique « Les dattes d’Aoulef » aux éditions PC. Aoulef étant l’oasis dont était issu son père. Abel vit à Paris.
Citation : « C’est important pour moi d’échanger avec les jeunes. Vous êtes l’avenir. C’est important de regarder vers l’avenir tout en se souvenant des faits passés ».







Jeannine VALIGNAT est dramaturge, metteur en scène, écrivaine et conteuse, a créé la compagnie La Tribouille. Elle fait partie de l’association « Droits des étrangers », qui vient en aide aux migrants, à Nantes. Jeannine a publié deux romans chez Wallâda éditions : « Djetty la Manouche » et « Shégués, enfants du silence ». Et « La Braise » aux éditions Jets d’encre. Originaire de Sète, elle vit à Saint Philibert de Grand Lieu, à côté de Nantes.
Citations : « Je veux dénoncer la vérité et faire réagir…. Il faut voir ce qu’il y a derrière les images. Ce sont des hommes qui veulent le bonheur. Il faut mettre des mots sur les souffrances pour s’en libérer ». 
Sur le théâtre, sa passion : « Les pouvoirs publics doivent protéger cet art et ses artisans, car un peuple sans culture est un peuple en péril ».




















El Hassane AïT MOH est originaire de Ouarzzazate au Maroc. Sociologue et anthropologue de formation, El Hassane licencié en sciences de l’éducation a été formateur dans le Centre de formation d’enseignants à Ouarzzazate. Professeur en collège en France, il a publié 3 romans aux éditions de L’Harmattan : « Les jours de cuivre », « Le captif de Mabrouka » et « Le thé n’a plus la même saveur ». El Hassane habite à Saint Paul trois châteaux, à côté de Montélimar.

 Citation : Lors de sa conférence "Pourquoi, l'autre, l'étranger fait-il peur?
"L'autre et l'étranger, c'est AUTRUI, "l'étranger est doublement dans l'Altérité, il est autre et en plus il est différent". 
"L'étranger est toujours défini par la négative ("l'étranger est différent, il vient d'ailleurs, il est en dehors du groupe, il est proche de nous mais il est différent, il n'est pas familier"), l'étranger serait donc quelqu'un d'anormal, de déplaisant, quelqu'un qui sort de l'ordinaire et qui, en définitive, "étonne et intrigue par sa singularité". 



Samia MESSAOUDI, franco algérienne, est journaliste radio, télévision et au magazine Clara. C’est aussi une militante. Samia a fondé avec Medhi Lallaoui, l’association « Au nom de la mémoire ». Cette association se penche sur la mémoire coloniale, ouvrière et urbaine, travaille sur l’immigration et édite des ouvrages, expos ou documentaires touchant à ces thèmes. Elle est aussi éditrice aux éditions Syros.
Samia a publié avec M.Harzoune, « Paroles kabyles » (Albin Michel) en collaboration, « Un siècle d’immigrations en France » (Syros) et « Antillais d’ici », « couleurs d’Algérie » et « La cuisine kabyle » (Edisud). Samia Messaoudi vit à Paris.
Citation : « J’ai toujours eu envie de témoigner, écrire sur le combat des femmes et notamment sur l’émancipation des femmes arabes ».
« Je suis très attachée à une histoire, celle « de la mémoire de l’immigration ». (NB. Samia est née en France, de parents immigrés algériens).


 



Yudit KISS est née en Hongrie. C’est une économiste, spécialiste de l’investissement militaire des ex pays de l’Est. Son métier lui a permis de beaucoup voyager et de comparer les différents régimes politiques.  Yudit vit actuellement à Genève (Suisse).
 Observatrice et attentive aux gens qu’elle côtoie, elle a été frappée par le destin de femmes migrantes en Suisse. Elle a donc décidé de leur donner la parole et a publié aux Editions d’En Bas (Lausanne) « La lessive et autres histoires de femmes migrantes ». Ce sont 15 parcours de vie, 15 destins et 15 femmes, souvent, à la vie cabossée, qui se sont retrouvées dans la Confédération Helvétique.
Citation : (A propos de La lessive). « Ce sont des femmes si différentes qui recherchent toutes la même chose que nous : la paix, la liberté et le bien vivre ensemble »


Lucy MUSHITA est née au Zimbabwe, autrefois Rhodésie du Sud. Enfant, elle a connu l’apartheid. Romancière et essayiste, Lucy a publié « Chinongwa » chez Actes Sud. Un roman qui parle de la condition des femmes dans son pays et un essai à la Revue des Deux Mondes « Africaines d’hier et d’aujourd’hui »
Elle a enseigné Nancy 2, à Nancy agroParisTech, à l’ICN, à l’ESSTIN, entre autres. Lucy habite à Paris
Citations : « Garder son calme face à des idiots, c’est agir » (P. 239 Chinongwa).
              « Les pleurs de la veuve à l’enterrement de son mari détermine le futur mari… » (p. 247 Chinongwa)




RICARDO, alias Richard Viscardi , a travaillé longtemps à Lyon dans la bijouterie. C’est un caricaturiste de talent qui aime croquer la réalité pour s’en moquer avec humour. Il a publié chez Wallâda, « Le niglo facétieux » Ricardo est d’origine tzigane. Il habite à Versailles
 NB : Le niglo est le nom du hérisson donné par les Gens du Voyage.
Citation : « Dans mon 1er album, j’ai dessiné les 4 groupes principaux qui composent ce qu’on appelle les Gitans : Les Roms venus de Roumanie, les Manouches du Nord de l’Europe, les Sintis d’Italie, les Kalés d’Espagne. J'ai voulu témoigner de leur condition de vie »







 Françoise MINGOT-TAURAN, un parcours atypique et une personnalité exceptionnelle.
 Elle naît à Bordeaux et toute jeune arrive sur les bords méditerranéens. Son père musicien et syndicaliste lui donne le goût de la musique et l’amour du peuple. Elle suit des cours de danse et de théâtre à Marseille. Rejoint à 16 ans le mouvement « A cœur joie » et la chorale d’Aix-en-Provence.

Georges Mounin, son professeur en linguistique,  décèle en elle, des possibilités de parolière. Il l'aidera ensuite, auprès des médias. Toujours active, Françoise crée les éditions Wallâda, en 1983 à Bordeaux.

An noter que ce nom Wallâda signifie, en arabe « Naissance », celle qui met au monde, qui favorise. Pour l’histoire, Wallâda Bint al-Mustakfi, princesse andalouse du XIe siècle, fille du dernier Khalife de Cordoue, fut une grande poétesse aimée d'Ibn Zaydũn qui la célébra dans son œuvre. Françoise sera donc celle qui fera connaitre l’histoire des Gens du Voyage à travers sa maison d’édition.

 Elle échange avec Jean-Louis Barrault, Léo Ferré et apprend la guitare avec René Bartoli.
Agrégée de Lettres et docteur en littérature comparée, elle enseigne dans les Landes, en Bretagne, à Dunkerque, au Sénégal et au Maroc.
 Mais avec l’édition, une autre passion s'empare d'elle, toute jeune, le chant. Elle écrit de nombreux textes (vers et prose), qu’elle interprétera elle-même dans des nombreux récitals ou tours de chant sous le nom de scène « fanFan ». Elle chante, accompagnée par plusieurs instruments, guitare, accordéon, ou piano.
 Françoise est une encyclopédie à elle seule. Elle écrit aussi.

En tant qu’écrivaine, Françoise a publié, entre autres, « Quand sera venu le temps ». C’est un recueil de goguettes, « Impertinence », « La voyouse » (à paraître), « Sur le dos de la baleine » (à paraître) est un roman-essai sur la sexualité féminine et le monumental « Tsiganiada » de Ion Budia Beleanu (une épopée roumaine héroïque) que Françoise a mis 15 ans à adapter. A noter les 2 CD « Waroutcho » et « Zone interdite ». Evidemment chez Wallâda éditions.
Elle vit entre Paris et Avignon où elle vient d’acquérir une maison…Quand Françoise n’est pas sur les routes !!!!!

fanFan, caricaturée par Ricardo....






fanFan dans son élément



Cathy BEAUMONT est d’abord chanteuse, puis compositrice, enfin pianiste, occasionnellement accompagnatrice. Elle a fait l’école d’interprètes d’Alice Dona, travaillé avec Claude Lemesle, suivi son amie Barbara dans ses récitals depuis l’âge de 13 ans et accompagné Anne Sylvestre, dont elle chante tout le répertoire. Lors d' un récital de Cathy où elles ont chanté en duo, Anne la qualifiera de ”magnifique interprète”.  Cathy vit à Paris.

Cathy et Françoise/fanFan réunies au Festival Off d'Avignon
fanFan/Françoise et Cathy, au cabaret parisien "Le Magique"




Gérard GAILLAGUET fait des études de Lettres classiques. Il a travaillé dans l’enseignement, le théâtre, les études de marché, l’animation. Il écrit des chansons, du théâtre, de la poésie et en 2015 un roman. C’est surtout un poète et un excellent diseur. On notera la publication du recueil de poésie « Les Obstinés » (Wallâda) magnifiquement illustré par Colette Klein
Gérard habite à Paris







Marie Josèphe Eril (avec El Hassane)
 lors de la conférence
Marie Joseph ERIL a fait des études de philosophie à l'Université de Dijon. A enseigné cette discipline dans plusieurs lycées dijonnais et passionnée par la psychanalyse, s'est formée et  elle a ouvert un cabinet de psychanalyse au Creusot. Elle encadre également des stages de formation de sa spécialité.
Marie Jo habite Le Breuil (71).




Mohamed LARBI HAOUAT est docteur d'état en Relations Internationales et Stratégiques. Il a été Chercheur au Centre d'études et de Recherches sur les Conflits et les Stratégies de la Sorbonne (CERCS), devenu, Centre de Philosophie de la Stratégie (CPS). - Chercheur Associé, Académie Géopolitique de Paris (AGP) - Membre de Jury de l'ENSAM à Sorbonne Nouvelle Paris III).
Mohammed Larbi Haouat est le lauréat du Prix des Sciences morales et politiques 2006 de la Fondation Prince Louis de Polignac.
 Il est vice-président de l’AFAL, représentant de l’AESAL à l’Unesco, il préside l’ASILEC, une association de terrain à Sarcelles. Mohamed habite à Sarcelles (95).
Citation lors de la conférence "Dialogue inter-religieux pour mieux vivre ensemble" :

« Aller vers l’autre, afin de nourrir la proximité et se sentir plus proche. ».


 Ces mots du Dr Mohamed Larbi Haouat résument l’esprit des Rencontres. 

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27 décembre 2017

5èmes Rencontres de la diversité

          4ème journée: samedi 25 novembre 2017

Cette journée a commencé, à 10h30, par un café littéraire à la médiathèque du Creusot.
 Le thème retenu était "Exilés, réfugiés, migrants....Peur de l'autre ou richesse pour tous?"  
        Se sont exprimés, tour à tour, Samia Messaoudi, écrivaine, journaliste, de parents algériens,
                                                          Abel Jafri, écrivain, comédien (Timbuktu), de parents algéro-tunisiens, a vécu enfant, à Montchanin, ville proche du Creusot et Torcy.
                                                          Lauric Nseka, réfugié de la RDCongo
                                                          Jeannine Valignat, (Nantes), écrivaine, dramaturge, auteur du roman "Enfants du silence"(Editions Wallâda).
                                                          El Hassane Aït Moh, écrivain, sociologue, d'origine marocaine
                                                          Ricardo, alias Richard Viscardi, caricaturiste, d'origine tzigane
                                                          Lucy Mushita, écrivaine, originaire du Zimbabwé
                                                         Yudit Kiss, économiste, écrivaine, originaire de Hongrie


De gauche à droite: Ydit, Lucy, Ricardo, El Hassane, Jeannine, Lauric, Abel et Samia

Lors du débat, animé par Claude Thomas, chaque intervenant a revisité son parcours, livré son sentiment, montré les apports de ses origines et la richesse pour la société française contemporaine.

A la fin de la rencontre, le diseur et poète Gérard Gaillaguet, a déclamé, avec brio, un texte magnifique.

L'après midi était consacré aux débats:

      - 1er débat à 14h30 à l'Escale au Creusot
                       "Des enfants porteraient-ils malheur?" La réalité des enfants, dits sorciers de la RDC. Le témoignage du jeune Lauric qui a raconté son calvaire et sa fuite pour vivre, a glacé l'assistance complété par les commentaires humanistes de Jeannine Valignat, qui a relaté ces parcours d'enfants sorciers dans son livre, d'une grande profondeur.


Lauric, Jeannine et Claude (CFB)

       - 2ème débat à 15h30, ou plutôt conférence-débat: "Dialogue inter religieux pour mieux vivre ensemble", par Mohamed Larbi Haouat, docteur d'état (La Sorbonne).
 Mohamed a montré, avec clarté et exemples à l'appui, que les religions du livre sont proches et qu'il faut se méfier des références religieuses qui, citées en partie et sorties de leur contexte, prennent d'autres sens. Mohamed a plaidé pour l'écoute et la tolérance.


le Dr Mohamed Larbi Haouat


Mohamed Larbi Haouat et El Hassane Aït Moh en discussion
   
   - 3ème débat, à 17h, "Des combats de femmes: témoignages " avec Samia Messaoudi, Lucy Mushita et Yudit Kiss, débat co-animé par Laure Gressard (Femmes solidaires/Le Creusot) et Claude Thomas (CFB).
 Débat d'une grande richesse, qui a démontré que toute avancée viendra de l'action continue et beaucoup, de l'éducation généralisée des filles.


Lucy, Yudit, Samia, Laure et Claude

      Après un repas constitué de spécialités turques, italiennes et du Maghreb, les rencontres se sont achevées, dans la joie et la fraternité, par des chants, des danses et la musique entrainante des Caraïbes.
       Les associations italiennes ont commencé la soirée avec enthousiasme, suivies par des danses de Turquie, puis Françoise Mingot dit Fanfan et Jeannine ont dit 2 textes, et le Patrick Pierre Band, rejoint par Christiane Mathos, présidente du Festival d'Outre mer en Bourgogne (Montceau Les Mines), a clôturé la soirée en poussant la salle en la danse.

la chorale Bella Italiana


Une scène de la migration italienne

                     

La danse turque emmenée par Akyuz



 Fanfan et Jeannine



Les fidèles des Rencontres, l'Italie toujours...








L'association amie du Maghreb, Riheb  et Elisa la présidente






Samia Messaoudi et Laure au stand Femmes solidaires
















le Patrick Pierre Band et Christiane en action....

     
 Les 5èmes Rencontres de la Diversité laisseront des traces...

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Voici, pour info, quel était le programme des 5èmes Rencontres de la Diversité

    


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