14 janvier 2017

Rencontre-débat  avec Henri LOPES, écrivain congolais

Henri LOPES
          Les amis, organisateurs du Festival Afrik’aucoeur, ont souhaité accueillir plusieurs écrivains africains pendant leur Festival.
Il a été convenu d’accueillir, en commun avec le Centre Francophonie de Bourgogne, deux romanciers de renom. Véronique Tadjo (voir article précédent) et Henri Lopes.
        La renommée de monsieur Lopes n’est plus  à faire. Il fut plusieurs fois ministre  du Congo Brazzaville, 1er ministre (1973-1975), sous-directeur général chargé de la culture à l’UNESCO (1981-1998), ambassadeur de son pays en France (1998-2015).
     Romancier (7 romans) et rédacteur de nombreuses publications,  l’Académie Française lui a décerné le Grand Prix de la Francophonie. C’était un honneur de recevoir, Henri Lopes, en Bourgogne.
A Saint Léger sur Dheune (Bourgogne France)
 Henri Lopes a d’abord rencontré les lecteurs de Saint Léger sur Dheune, petite ville Bourguignonne, le vendredi soir, 18 novembre, puis le lendemain, le samedi 19 novembre, les festivaliers d’Afrik’aucoeur, à Auxerre, lors d’un entretien de 1 h30.


Henri Lopes,  à Auxerre au festival Afrik'aucoeur
              Les deux rencontres-débat ont été animées par Claude Thomas, le président du Centre Francophonie de Bourgogne.
 Ce furent des rencontres de grandes richesses, humanistes qui ont surtout englobé l’histoire de l’Afrique contemporaine, celle de l’époque coloniale et celle des Indépendances.
 Comme le dit fort bien, l’écrivain de Djibouti, Abdourahman Waberi, 
«  Lœuvre de Henri Lopes, marquée par les thèmes de la mémoire, de la rencontre des cultures, des troubles identitaires et du métissage, célèbre la vie par tous les bouts.  Elle est portée par une langue généreuse, savoureuse et soucieuse de sa portée musicale ».
Au cours de ces deux rencontres, ont été  abordés les romans suivants :
            Le pleurer-Rire (Présence Africaine), roman polymorphe qui met en scène un fantoche sanguinaire au pouvoir.
           Le lys et le flamboyant (Le seuil), sorte de mentir-vrai qui nous ouvre les yeux sur l’époque des Révolutions.
          Dossier classé (Gallimard) met en exergue, entre autres, le rôle omniprésent des femmes, femmes de la famille, maîtresses connues ou cachées, relations passagères ou tentatrices.
         Une enfant de Poto-Poto (Gallimard). Outre l’attrait d’un professeur de français aux méthodes attractives, on découvre la joie de vivre de ces populations, leur passion pour la musique et la danse.
          Le Méridional (Gallimard). Henri Lopes, dans ce dernier roman, jette un regard amère sur son pays qui a basculé, autrefois, dans la révolution, causant de nombreuses victimes et compromettant, sans doute, ses chances de progrès économique et social.
De bien belles rencontres.


   Nous terminerons par une citation optimiste tirée de dossier classé : « Il n’est pas sain de trop se tourner sur le passé. Quelques coups d’œil dans le rétroviseur suffisent. C’est surtout la route devant soi qu’il faut regarder » (p. 235)

23 décembre 2016

            Rencontre-débat avec Véronique TADJO, écrivaine et universitaire, (Côte d’Ivoire)

Véronique TADJO
             Dans le cadre du festival Afrik’aucoeur qui s’est déroulé en novembre 2016, à Auxerre, il était programmé plusieurs rencontres décentralisées. L’une d’elles a eu lieu à la Maison Jules Roy de Vezelay, le samedi soir, 5 novembre.
              Magnifique Maison dont la mission est d’accueillir des auteurs en résidence ou d’organiser des rencontres littéraires ou artistiques. Accueil très amical.
              Les organisateurs d’Afrik’aucoeur avaient invité, à la Maison Jules Roy, Véronique Tadjo et sollicité le Centre Francophonie de Bourgogne pour animer la rencontre.
             Véronique Tadjo est une écrivaine majeure de la littérature africaine contemporaine et ses réponses sont toujours précises, bienveillantes et toujours empreintes d’humanisme. C’est vraiment un plaisir de dialoguer avec elle et un réel bonheur pour les auditeurs présents.
             Nous avons successivement  revisité les œuvres de Véronique :
 La Reine Pokou, une légende Baoulée mais aussi plus largement africaine que l’auteure a revisitée. Après une longue marche, face à un obstacle infranchissable, doit-on sacrifier son enfant, l’être le plus cher de sa chair, pour sauver son peuple ?
            Puis a été abordée une autre légende de toute l’Afrique sud saharienne, transplantée aux caraïbes avec la traite des Noirs, celle de Mamy Wata, une créature mi déesse, mi sirène.
            Plus dramatique, l’ouvrage A l’ombre d’Imana, où madame Tadjo interroge l’humanité sur le génocide rwandais. Sujet préoccupant qui nous interpelle tous.
           Le roman Loin de mon père, chez Actes Sud, aborde le retour d’une fille africaine, qui revient au pays, au décès de son père, un notable connu, et cette œuvre met en lumière le télescopage des cultures, la force des coutumes, l’hypocrisie humaine, l’appât du gain.
          Champ de bataille et d’amour soulève la réalité des couples mixtes, un Noir une Blanche, et prouve que l’amour, avec la liberté individuelle, par delà les frontières et la couleur des peaux, peut être salvateur.
          Enfin, Véronique Tadjo a conclu la soirée par une lecture de plusieurs poèmes de son livret A mi-chemin. 
 Nous donnons ici, pour le plaisir, quelques lignes (pages 56-57 et 59) : 
Je t’ai aimé
Sans pouvoir  rien y faire
Sans pouvoir résister

Aimer comme on va
    Après le débat, Véronique Tadjo, radieuse,
à droite, devant 
André Hulnet, le responsable d'Afrik'aucoeur
A la mer

Ce que je cherche en toi
C’est le feu qui te brûle
C’est la force
Qui t’habite

C’est ta passion
Cet élan qui t’anime
Et ne te quitte pas
Cette façon que tu as
De traverser la vie

Au galop.
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20 décembre 2016

Visite d'études de la romancière universitaire marocaine, Nadia CHAFiK

Accueil de la romancière et universitaire marocaine, Nadia Chafik

Nadia CHAFIK, universitaire, écrivain, Rabat (Maroc)
            Nadia CHAFIK, universitaire et écrivaine marocaine (Rabat) est venue, quelques jours, consulter le fonds francophone (environ 5000 titres), au siège du Centre Francophonie de Bourgogne, à Le Breuil en Bourgogne (France) et prendre des contacts.
          Préparant un nouveau cursus universitaire orienté vers les littératures francophones du Québec, de Belgique et de la Suisse romande pour ses étudiants de l’université de Rabat, Nadia Chafik a consulté de nombreux ouvrages didactiques, s’est documentée sur des auteurs renommés comme Francine Allard (Québec), Anne Cuneo (Suisse) ou Armel Job et Amélie Nothomb (Belgique) et bien d’autres.
          Contact a été pris aussi avec ses confrères de l’université de Bourgogne (Dijon et l’antenne de Le Creusot), en particulier avec une spécialiste en didactique pour un partenariat ultérieur.

         Séjour fructueux qui s’est déroulé dans l’amitié et le sérieux. 

En consultation, devant les rayons du fonds francophone (Le Breuil)

Nadia Chafik à la bibliothèque universitaire (le Creusot)

Découverte d'une auteure québécoise, Francine Allard

            Le Centre Francophonie de Bourgogne se réjouit de servir de passerelle entre les cultures francophones si riches et diverses.

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12 octobre 2016

Accueil de l’écrivain égyptien Khaled OSMAN 
Khaled Osman
             Le centre Francophonie de Bourgogne (CFB) a accueilli, le vendredi 7 octobre, l’écrivain et traducteur égyptien, Khaled Osman. L’écrivain qui écrit en français, a participé à 3 rencontres-débat dans la même journée :
                     De 10h à 11h30, il a rencontré, à Torcy (71) des habitants de la Régie des Territoires de la communauté urbaine Montceau-le Creusot.
                      De 14h30 à 16h, des lecteurs à la Maison des familles de Torcy (71) et de 18h30 à 20 h, des adhérents de la bibliothèque municipale de Saint Symphorien de Marmagne.
            Les débats animés par Claude Thomas, président du CFB, ont porté sur les deux romans de l’auteur Le Caire à corps perdu et La colombe et le moineau, tous les deux édités chez Vents d’ailleurs (France).
          Khaled est né en Egypte, mais il vit à Paris depuis son jeune âge. Féru de littérature arabe, non seulement, il traduit des ouvrages de langue arabe en français, mais il introduit, aussi,  dans ses  romans, des éléments des cultures arabes.
          Le Caire à corps perdu a surtout ciblé la ville du Caire, et les lecteurs présents comme beaucoup de Français, se sont particulièrement intéressés à cette ville « la mère du monde » comme la nomment les Egyptiens. Le héros, personnage qui a perdu la mémoire et surnommé Nassi par ses hôtes, est en recherche de son passé. Il nous promène ainsi à travers et la ville que l’on découvre avec intérêt, et ses souvenirs. Et ainsi, nous révèle des habitants accueillants et prêts à rendre service, entre générosité et bienveillance. Il nous dévoile aussi le vrai visage de la femme égyptienne, forte et besogneuse.

        La colombe et le moineau, roman peut être plus culturel, nous fait connaître des pans inconnus de la littérature arabe.  Ainsi « le sanglot entre les bras de Zarqa-Al-Yamana » d’Amal Donqol (1940-1983), la colombe, nom d’une femme devin qui donne une partie du titre au roman. Puis, Khaled Osman, nous cite le poète Mutanabbi, quelque peu provocateur, la belle et sanglante histoire de la princesse Zabba, en réalité Zénobie, épouse du prince de Palmyre et se sert de la nouvelle du palestinien Ghassan Kanafani (1936-1972), le moineau, pour compléter son titre. Sans oublier de revisiter l’expédition de Napoléon, en en penant les écrits du chroniqueur égyptien de l’époque, Jabarti.

           L’écriture de Khaled Osman est riche, précise,  travaillée et donne à découvrir et à s’interroger sur une culture et sur l’histoire d’une région qui ont toujours passionné le monde.
     A noter que Khaled Osman, aidée de son épouse, Ola, a traduit plusieurs romans de langue arabe, en voici quelques uns.
 Outre plusieurs œuvres de Gamal Ghitany, on notera :
  - le collier de la colombe de Raja Alem  (Arabie saoudite) au Stock
  - Dans la peau de « Abbas El-‘Abd » de Ahmad Alaidy (Egypte) chez Actes Sud
  - Le ravin du chamelier d’Ahmad Aboukhnegar (Egypte) à Sindbad
   - Femme interdite  d’Ali Al-Muqri  (Yémen)  chez Liana Levi
 et La malédiction d’Azazel de l’égyptien Youssef Ziedan chez Albin Michel.

             Beaux moments de littérature qui ont beaucoup intéressé les personnes présentes.
            Nous terminerons par une citation du poète égyptien Edmond Jabès : 
« L’Egypte est un pays si prenant que l’on ne peut s’en arracher qu’en sacrifiant une grande part de soi-même »
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En séance dédicace

A la BM de Saint Symphorien de Marmagne (France)

A la Régie des territoires (Le Creusot (71))

A la Maison des familles (Torcy 71)


5 octobre 2016

Rencontre francophone avec… Francine ALLARD (Québec)

       
  C’est avec beaucoup de satisfaction et un grand plaisir que nous avons rencontré à OKA (Québec), en septembre dernier (2016), l’écrivaine francophone, Francine Allard, auteure d’une bonne soixantaine d’ouvrages.
        Madame Allard possède plusieurs « cordes à son arc ». Si on peut s’exprimer ainsi. Il est vrai qu’en tant que polémiste, elle a dû décocher un bon nombre de flèches !!! Vu sa forte personnalité.
       Romancière (jeunesse et adulte), poète, humoriste, elle est aussi aquarelliste (voir notre publication antérieure), a fait de la poterie. Elle a été choriste, autrefois, à radio Canada, a enseigné, et ancienne élève au conservatoire de musique et d’art dramatique, elle a pu monter par la suite des spectacles. Sa formation universitaire en philosophie a orienté ses valeurs humanistes qui transpirent dans ses ouvrages.
      Fervente militante de la qualité de la langue française, son œuvre romanesque est très importante. En voici quelques unes :
-         Une fleur entre deux pierres, roman jeunesse mais qui vaut largement un roman adulte, aborde avec tendresse et douceur, le problème de l’enfance handicapée. Sujet douloureux de nos sociétés que l’on retrouvera dans plusieurs de ses œuvres.
-         La couturière, en 3 tomes, est une fresque du Québec de 1900 à 1960. Une œuvre majeure qui retrace l’histoire de cette province au XXème siècle  à travers deux figures féminines fortes et attachantes : Emilia, la couturière, qui s’est faite elle-même et Donatienne, l’herboriste, que la vie a beaucoup cabossée mais qui a su faire face. Trilogie passionnante pour comprendre l’évolution du Québec.
-         De l’eau sur le papier, en 2 tomes : « L’Heure bleue » et « L’enfer de Diderot ». Roman fascinant qui, à travers le héros, Adriano, un exilé italien encore enfant, nous montre son évolution dans le Québec du XXème siècle. A partir de Kamouraska, son premier ancrage d’exilé, un lieu référence au Québec, Francine Allard promène son personnage à travers les vicissitudes de la vie. Mais surtout, ce roman est un beau « catalogue » des peintres qui ont construit une grande partie de l’histoire artistique québécoise. Nous découvrons avec intérêt, les Edmond Borduas, les Alfred Pellan, Marc-Aurèle Fortin, Jean-Paul Riopelle, Paul-Emile Borduas, Jean-Philippe Dallaire ou Charles-Gil Suzor, d’autant plus intéressant que, pour les français, ils ont presque tous fait le déplacement à Paris, comme Adriano, le personnage principal du roman, lui aussi, un aquarelliste
-         La clinique Valrose, en 5 tomes, est une chronique au jour le jour, d’un établissement qui nous concerne tous, à travers la santé. Chronique bien documentée puisque Michel, l’époux de madame Allard, est médecin généraliste. L’auteure nous sensibilise à ces problèmes de l’intérieur.

       Il est dommage que l’œuvre si forte de Francine Allard soit peu ou pas du tout distribuée en France, car nombreux seraient les lecteurs à se plonger dans ces romans, comme le font les lecteurs de la bibliothèque municipale du Breuil (France), siège du Centre Francophonie de Bourgogne où est déposé le fonds francophone (5000 ouvrages de toute la francophonie) et naturellement les ouvrages de l’écrivaine d’Oka.
       Emile Ollivier, un auteur haïtien, aujourd’hui décédé, ancien professeur à l’université de Montréal, disait que « Les livres sont des bateaux et les mots leur équipage ». On peut dire que Francine Allard porte haut, et les mots et les bateaux de la littérature.
         Assurément une écrivaine majeure de la littérature québécoise contemporaine.  (Claude Thomas président du CFB)

        Lors de notre passage dans les Laurentides, nous avons échangé, 2 heures durant, lors d’un débat, avec Francine Allard, dans les locaux de la belle bibliothèque de Saint Eustache, le 7 septembre 2016. Rencontre-débat riche et sincère où l’auteure s’est livrée.
Lors de la rencontre-débat à Saint Eustache avec l'auteure

Une partie du public

 Francine Allard lisant une poésie à l'issue de la rencontre

Une affiche promotion d'un récital poétique de Francine Allard





Francine Allard faisant la une du journal municipal 2012 d'OKA, sa ville.










Francine Allard à sa table de travail






L'écrivaine Lucie Lachapelle de Oka, venue en amie à la rencontre-débat..
Lucie  a obtenu le prix France-Québec en 2011 et a fait le déplacement en France dont la Bourgogne. 


4 octobre 2016

 Les artistes francophones ont du talent


                     Rencontrer l’écrivaine québécoise, Francine Allard, c’est aussi,  découvrir une artiste polyvalente.
                  Lors de notre visite, en septembre, à Oka, petit village au nord de Montréal, au cœur des Laurentides, nous avons été ravi et surpris de découvrir les autres talents de l’auteure de « L’eau sur le papier », le roman en 2 tomes paru, en 2013. Et on comprend maintenant pourquoi, les arts, surtout l’aquarelle,  tiennent une place non négligeable, dans ce roman attachant. C’est que Francine Allard pratique, avec bonheur, cette technique qui exige rapidité et dextérité.
               Pour notre plaisir, voici quelques aquarelles photographiées dans son atelier. Et notre surprise fut, aussi, de découvrir de belles poteries réalisées également par madame Allard. Que du bonheur !


 Francine Allard dans son atelier avec Claude Thomas, président du CFB, lors de sa visite

Le rouge de la passion



 En écrivain, l'auteure n'hésite pas à inclure texte ou collage


 Et quelques poteries de belle facture en présentation.

3 octobre 2016

            Après un voyage au Québec, voici une illustration du beau roman réussi de Francine Allard, romancière québécoise, par des vues prises sur les  lieux où l’action était censée se dérouler.
 Et cela donne au récit et aux personnages une autre dimension. Roman en 2 tomes que l’on a plaisir à relire. (Claude Thomas, président du C.F.B.)

Titre: *L'Heure Bleue
              1er tome de L'eau sur le papier
Auteure: Francine Allard
Editeur: Editions Les trois Pistoles-Québec
Genre : Roman

Après la saga très réussie, « La couturière », en 3 volumes, voici une autre saga, en 2 volumes cette fois, tout aussi bien écrite, de l’auteure québécoise d’Oka.
L’Heure Bleue, le 1er titre de l’eau sur le papier, nous conduit sur les chemins, ô combien ardus, de l’émigration italienne aux Amériques, au début de l’agitation fasciste mussolinienne.
L’histoire d’Adriano, petit émigré du Sud de la Péninsule, nous est racontée, tout au long du récit, par le biais de deux métaphores filées : l’aquarelle et L’heure Bleue, le parfum de Guerlain. Métaphores bien choisies si on les identifie à la fragilité et à la légèreté de la vie.
Le récit. Le petit Adriano, tour à tour abandonné par son père, puis par sa mère, est élevé et choyé par sa grand-mère maternelle, Atoniana, appelée Nona. Mais le petit et sa grand-mère doivent quitter précipitamment leur pays pour échapper aux poursuites des autorités. En effet, Fabrizio, l’oncle admiré du petit Adriano, sans doute un agitateur et contestataire social, est recherché par la police.



Au lieu de se fixer à New York comme prévu initialement, les deux fugitifs, s’installent à Kamouraska, au Québec, à l’embouchure du St Laurent. La vie au village se déroule plus calmement mais non sans difficultés.
l'église de Kamouraska où Adriano et Jeanne-Mance se rendaient

Le magasin général de Kamouraska


Les environs de Kamouraska
Bien qu’entouré d’amour par sa Nona, le petit émigré éprouve le besoin de se lier d’amitié avec une petite voisine, Jeanne-Mance et on les verra toujours ensemble : amour d’enfants ? Amitié ? Simple attachement affectif ? Ce lien restera indélébile, tout au long de l’histoire.
Francine Allard, avec son habituel talent, nous mène, tambour battant, dans une vie pleine de rebondissements (mort de la grand-mère bien aimée et dernière attache familiale, cours aux Beaux Arts de Montréal, mariage, deux enfants, perfectionnement à Paris, retour à Montréal, le bonheur, l’amour de ses filles, mais nostalgie du passé, du petit village de son enfance et souvenir lancinant et idéalisé de l’oncle). Et retour fréquent à Jeanne-Mance, confidente, par lettre ou visites.
le cimetière de Kamouraska où est enterrée la Nona, grand'mère d'Adriano




le bord du Saint Laurent où Adriano et Jeanne-Mance voyaient s'envoler les oies blanches ou les outardes
C’est un beau roman. Francine Allard sait nous montrer les gens de l’intérieur (leurs expériences, espérances, souffrances, passions ou sentiments).
Un roman fort, prenant, qui plaira aux lecteurs de cette auteure de la Belle Province.
Mais que nous réserve le tome II, intitulé «L’Enfer de Diderot » ? Car des allusions à l’auteur du Siècle des lumières sont récurrentes dans L’Heure Bleue. Sans doute des surprises !
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L’enfer de Diderot  (Tome II de « De l’eau sur le papier »)
  Auteure : Francine Allard
  Editeur : Les trois pistoles (Québec).
  Genre : roman 
 Le tome II « De l’eau sur le papier », intitulé « L’enfer de Diderot », est un grand roman à plusieurs titres.
-         Il nous trace le destin d’un artiste, Adriano, aquarelliste en l’occurrence, qui, malgré les aléas de la vie, est tendu vers un but, un idéal pour lui : être célèbre. Et qui n’hésite pas à tout quitter pour parcourir le monde.
-         L’ enfer de Diderot a le mérite, aussi,  de nous faire découvrir les grands artistes québécois du XXème siècle, les Borduas, Riopelle, Paul V. Beaulieu, Dyonnet, peu connus ou inconnus, en dehors du Québec. 
     A noter que Francine Allard est aussi aquarelliste….
Une aquarelle de Francine Allard
         Enfin, Francine Allard tente de donner une signification à l’absence du tome VIII de l’Encyclopédie. 
    Habilement, ce grand auteur québécois, relie ce mystère à un fantasme/fixation, mi sacré mi pathologique, qui resurgit et pollue notre époque. Elle suppose que ce tome parlait de l’hymen, source de tant d’ignorance, d’horreurs, de pressions sociales et d’interdits religieux. Pratiques pourtant d’un autre âge qui prennent en otage le corps des femmes et aliènent leur liberté. 
      Francine Allard suppose que les auteurs de l’Encyclopédie, se basant sur l’anatomie, avançaient que

Francine Allard s'entretenant avec Mme Badia, la documentaliste de l'écomusée du Creusot (France) des raisons de la disparition du tome VIII, à gauche Michel, le mari de Francine.
l’hymen pouvait ou ne pouvait pas exister, contredisant par là même, les assurances de la Religion  et mettant à mal le dogme de la virginité de la Vierge Marie, ce que des moines, gardiens de la Doctrine, ne pouvaient admettre.

L'écomusée du Creusot (France) qui possède l'Encyclopédie Diderot

Francine Allard consultant l'un des tomes de l'Encyclopédie







Ceci dit, dans le 2ème tome de cette saga,  l’auteur mène rondement l’histoire d’Adriano et de ceux ou celles qui vivent autour de lui: rebondissements imprévus et frustrants, femmes aimées que l’on quitte tout à coup, coups de foudre soudains où « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas » (Pascal), sauvetage de ses  deux filles, présence inquiétante de la pieuvre mafieuse Montréalaise qui rôde, affres de la création et voyage dans des lieux mythiques de l’histoire artistique, à Vence, Saint Paul, Biot, Antibes et retour familial et triomphale, à Naples. Sans oublier le fil conducteur de la femme référence et que l’on retrouve à la fin du livre, quand la boucle de la vie se referme.

 Autre intérêt pour le lecteur, des réflexions humanistes de l’auteur :
      « On n’est jamais responsable de l’hérédité (au sens large), qui nous est imposée » (p.160).
      « On ne doit jamais tout à qui que ce soit » (p.214) 
     « Peu importe l’âge des enfants, la séparation des couples laisse toujours d’étranges séquelles  dans leur vie » (p.248)

    « La vie nous charrie sur son dos sans jamais nous avertir » (p.268).

Un beau roman où la fiction amplifie et embellit le réel, qualité des vrais écrivains. N’est-ce pas le célèbre artiste américain, Jakson Pollock, qui disait « Dans la peinture, je cherche une autre vision du réel »?  Francine Allard fait de même avec sa plume. Une saga que l’on lira avec plaisir. 

 





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