28 mars 2018

Un aperçu des activités du Centre Francophonie de Bourgogne




          Un aperçu des activités du Centre Francophonie de Bourgogne
(Le Breuil 71 France)


         Le 17 mars 2018 : visite au salon de livre de Paris.
 Rencontre avec Anne Bihan, responsable littérature (entre autres) de la Maison de la Nouvelle Calédonie, à Paris. (Achat de livres)

Anne Bihan, Maison de la Nouvelle Calédonie (Paris)

          Rencontre avec Horia Badescu (Cluj), poète, dramaturge, ancien directeur du Centre culturel roumain de Paris
Horia Badescu
         Rencontre avec Christian Guay-Poliquin, prix France-Québec 2017, (Sous la neige), de Catherine Buquet, prix littéraire des enseignants, (pour l’album Sous le parapluie), au stand Québec, et achat de livres
Christian Guay Poliquin (Québec)

           Rencontre avec Armel Job, romancier belge, Véronique Tadjo, romancière de Côte d’Ivoire, Liss Lihindou, romancière (Congo Brazzaville), Halima Hamdane, conteuse et romancière marocaine, Bernard Magnier, directeur collection Afrique (Actes Sud).
Halima, conteuse (Maroc)

Véronique Tadjo, auteure (Côte d'Ivoire)
Armel JOb, romancier (Belgique)


Liss Kihindou, romancière, poète 
et critique littéraire (Congo Brazzaville)
Bernard Magnier











  

  Rencontre avec Juliette Plé, attachée de presse (Seuil) et achat livres jeunesse
     Rencontre avec Pierre Vanderstappen, attaché littéraire du Centre Wallonie Bruxelles (Paris) et avec Muriel, directrice de la librairie de Belgique (Paris)

Pierre Vanderstappen
    Contacts et achats de livres au stand Maroc, au stand Océanie, aux Editions de l’Aube, au stand « Lettres d’Afrique ».

Nadia Essalmi, éditrice de Yomad (Maroc)
Amina, éditrice de Yankow Al Kitab (Maroc)


       Lundi 19 mars. Avons donné une Conférence au Centre social de Montceau-les-Mines (71) sur le thème « Mieux vivre ensemble dans la dignité », en traitant 3 thèmes:  La place de la femme, 
                                                      L'identité
                                                      La religion

La conférence " Mieux vivre ensemble dans la dignité"

       Mardi 20 mars : Rencontre-débat avec l’écrivain québécois, Christian Bilodeau, à la BM de Montchanin (71)

Christian Bilodeau, romancier (Québec)
Le public à la rencontre-débat
avec Ch. Bilodeau










       Les 24 et 25 avril : accueil de l’écrivaine, poète et critique littéraire, Liss Kihindou (Congo Brazzaville).

       Les 26 et 27 avril : Accueil de la conteuse Bibata Roamba (Burkina Faso)
Bibata, conteuse burkinabée

         Les 27 et 28 avril,
en partenariat avec l’association amie Sham's (le Creusot) : accueil du conteur marocain Mohamed Bouazzi.

Mohamed Bouazzi, conteur marocain

         Le samedi 28 avril : visite au salon de Genève. Rencontre prévue avec l’écrivaine hongro-suisse, Yudit Kiss, Jannine Massard, romancière suisse et l’éditeur suisse, Bernard Campiche.

Jannine Massard, auteure suisse

           







 A noter que, chaque 1er mardi du mois, le Centre Francophonie de Bourgogne anime un atelier d'écriture à la Maison des Familles à Torcy (entre 10 et 16 participants).

Une séance, une partie des participants
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25 mars 2018

Rencontre-débat avec Christian Bilodeau (Québec)


Accueil de Christian BILODEAU, écrivain (Québec)


Christian Bilodeau, en méditation, avant l'arrivée des lecteurs!


           

Le mardi 20 mars 2018, la bibliothèque de Montchanin (71 France) 

accueillait l’écrivain québécois, Christian Bilodeau, invité du Centre Francophonie de Bourgogne.


            Christian, en fin de résidence d’auteur à Clamecy (Yonne-France) est venu parler de son dernier roman « Terre de souches ».
 Un hommage en forme de fiction à son arrière-grand-père parti s’installer définitivement, dans la Belle Province, début 20ème siècle et y faire souche.

Christian et Claude Thomas (CFB), modérateur de la rencontre-débat, à la BM de Montchanin (France)

    
      Le débat animé par Claude Thomas, président du Centre Francophonie de Bourgogne, association culturelle francophone, a porté sur « Terre de souches », ses personnages, la terre du Morvan et la Bourgogne, lieux d’origine des migrants Bourguignons, sur les dures conditions de vie pour des pionniers, sur la vie au Québec, à cette époque. Mais aussi, jour de la francophonie oblige, sur la place de la langue française au Québec, de la loi 101, du rôle de l’Eglise catholique, de la situation du Québec francophone parmi des millions d’anglophones.
             Christian a répondu, avec aisance et précision, aux questions posées ; et, en fait, c’est une partie du Québec qui s’est invité, ce soir-là, à Montchanin, avec l’accent en plus.
            Christian ayant introduit, dans son récit, des faits historiques comme, les deux guerres mondiales ou des faits divers, comme le naufrage du Express of Ireland, a donné à son roman une dimension plus authentique, d’où l’intérêt des auditeurs présents.
            Le modérateur de la soirée n’a pas manqué de lui demander de parler de son implication dans la Fondation Felix Leclerc et de ses prochains projets d’écriture.
            Accueillis par l’adjointe à la culture, Marylène Bonetti, les auditeurs ont pu partager, ensuite, le verre de l’amitié et échanger avec l’auteur qui a dédicacé de nombreux ouvrages.
            A noter que sont venus nous rejoindre, pour cette rencontre-débat, l’adjointe chargée de la BM, Chantal Lebeau et le président de Bourgogne-Québec, Georges Pierre.
 Belle soirée francophone en présence d’un Québécois, le jour de la francophonie...
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Christian et Marylène Bonetti, adjointe à la culture de la ville accueillante


Une salle très attentive et intéressée





























Voici les deux autres romans de Christian Bilodeau (Québec)



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Voici une présentation de "Terre de souches", à l'intention des lecteurs du fonds francophone (5100 ouvrages) à la BM de Le Breuil, (France)

              "Terre de souches"
               Auteur: Christian BILODEAU
                    Editeur  Vivat
                    Genre: roman
                    Pays: Québec

           Christian Bilodeau entreprend le récit de la vie d’un couple de Bourguignons, Antoine et Emilie, parti d’Auxonne et de Pluvet pour s’établir au Québec, le 4 mai 1907.
C’est Antoine qui raconte. Lui-même originaire d’Auxonne, d’abord boucher-charcutier, puis transbordeur de grumes de bois du Morvan, de Clamecy à Paris, l’idée lui vient de prendre l’air et de s’expatrier.
              Emilie est fille d’agriculteur et après l’Ecole Normale, enseigne comme institutrice.
 Ils se marient, travaillent, ils vont vivre à Paris à Suresnes car Emilie a des soucis d’asthme ; mais l’idée du grand large titille Antoine et ils décident de partir au Québec, aidés par les organismes québécois. Emilie est enceinte d’un 2ème bébé, quand ils prennent le bateau, « le Sardinian ». Le futur bébé naîtra donc américain.
          Christian Bilodeau dévoile ce qu’a été la traversée, l’arrivée, l’installation et toute la difficulté de s’adapter aux conditions climatiques extrêmes de ce nouveau pays, très froid en hiver et aux étés continentaux.
         Comme tous pionniers, Simon et Emilie doivent s’adapter à une vie précaire : logement en bois et froid en hiver, maragouins voraces, pas d’école, médecin éloigné, terre à défricher. Mais leur jeunesse, leur courage, la solidarité entre arrivants, l’obligation de s’en sortir, les poussent à trouver des solutions.
         Outre l’agriculture et un peu d’élevage, Simon fera le bûcheron, le maçon, le tâcheron dans une usine de pâte à papier, industrie en plein essor. Car il est courageux et débrouillard.
Un souci de taille et récurrent, les ronge : l’éloignement de leurs parents et de la France.
Les difficultés extérieures vont compliquer la vie : le manque d’argent, les 2 guerres mondiales, la grippe espagnole, le krach boursier…
         Le père d’Emilie vieillit et supporte mal de ne pas voir sa fille et ses petits-enfants. Il se recroqueville sur lui-même. Le frère d’Emilie, Guillaume, frère adoré, décède dans un accident ferroviaire (1909)et le courrier est stoppé à cause du conflit 14-18.
 Le père d’Emilie décède et la mère d’Emilie exprime sa souffrance et sa solitude.
         Mais la vie continue inexorablement. Des enfants naissent et grandissent. Ils en auront 5.
 A la fin de la 2ème guerre mondiale, des expatriés belges décident de rentrer au pays. Emilie se joint à eux pour revoir sa mère. Des places sont retenues sur l’Expresse of Ireland, un paquebot moderne.
        Or dans la nuit du départ un bateau charbonnier, éperonne dans le brouillard le paquebot qui coule en peu de temps emportant ses passagers au fond du St Laurent. Au village tout le monde croit à la disparition d’Emilie avec un peu d’espoir puisqu'on annonce des survivants. Mais le hasard faisant bien des choses, un voleur a dérobé, avant le départ, le sac d’Emilie avec les billets, l’empêchant d’embarquer. 
      Un accueil chaleureux de toute la région est organisé à son retour
      Ce roman de vie s’achève par la célébration des 40 ans de séjour au Québec. 
Sont réunis des amis de la 1ère heure et surtout leurs 5 enfants avec leurs conjoints et leurs 12 petits enfants. Et en cadeau, 2 billets d’avion pour revenir voir les lieux bourguignons de leur jeunesse.
       Les habitations, les lieux sont là mais ont disparu leurs parents respectifs qui n’auront jamais connu leurs petits-enfants.
La nostalgie se mêle à la joie du retour, le lot de tout expatrié. Seul accroche, leurs enfants et petits-enfants.
      Roman intéressant qui nous sensibilise à la réalité de ces migrants, désormais « les souches » du Québec.

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13 février 2018

Le dernier roman d'Armel Job

  Une femme que j’aimais

              Armel JOB ((Belgique)
                                        Editions Robert Laffont 

              Superbe roman, mi policier mi thriller, à la Simenon, sur fond de chroniques locales.
             Le récit
              Claude, jeune aide-pharmacien, à Charleroi, célibataire, reste très attaché à sa tante, la belle Adrienne.  Adrienne, née Vanhout, est l’épouse de l’oncle André Jansens, le frère du père de Claude. André, aujourd’hui décédé, tenait une boucherie charcuterie, aidée au comptoir par sa femme, Adrienne.
         
             André Jansens, ancien baroudeur, soldat en Corée l’avait épousée, contre toute attente, malgré de nombreux prétendants, plus ou moins déclarés.

 Claude a pris l’habitude de rendre visite à sa tante, chaque semaine, dans sa grande maison, la Villa Circé.
            Adrienne aime ce neveu qui ne l’a pas oubliée. Julie et Philippe, ses propres enfants la délaissent et les parents de Claude voient d’un mauvais œil ces visites régulières. C’est que le passé est lourd de sous-entendus. Les femmes la mère de Claude et Adrienne ne s’apprécient guère.
            Or, lors d’une visite hebdomadaire, sa tante ne vient pas l’accueillir comme à son habitude. Et pour cause, elle git inanimée dans sa cuisine.
Il relève le corps, l’installe sur une table, remarque qu’elle a la nuque brisée et appelle sa mère. Mais dans son esprit un doute subsiste : chute mortelle ou assassinat ?
          Ses parents, surtout sa mère, le dissuadent de signaler ses doutes à la police car il serait le 1er accusé.
 Il se rappelle alors, que, lors d’une visite, sa tante lui avait dit vouloir lui confier un secret. Secret qu’il ne souhaitait pas entendre pour ne pas entrer dans l’intimité de sa tante. Mais désormais, il s’interroge et décide de chercher quel était ce secret.
 Après l’enterrement, commence sa propre enquête. Et il va aller de surprises en surprises.
          Les remplaçants de son oncle à la boucherie, surtout, l’épouse, la soupçonnaient d’avoir un amant, un modeste électricien, qu’elle allait voir tous le vendredis après-midi, un certain Colbers. Après contact avec l’ancien serveur du café, Norbet  Bonami, aujourd’hui en maison de retraite, et vérification auprès de la veuve Colbers, qu’il a dénichée, le mari n’avait pas d’amante.
         Entre temps, sa cousine Julie, lui remet une grosse enveloppe d’Adrienne. Et à l’intérieur, les lettres d’amour qu’il y découvre, orientent ses recherches.
De fil en aiguille, Claude apprend que sa tante a aimé passionnément un mineur Italien, le beau Calogero et qu’il logeait chez une dame, une certaine madame Potelle.
          Adrienne a été mère à 17 ans ; son père l’a éloignée du domicile parental, pour éviter le scandale. Elle a été accueillie chez la sœur d’un prêtre, le père Paul, ancien enfant juif converti, dont les parents sont morts lors de la Shoah.
 Le père Paul est adulé par les gens. Il est dévoué, généreux et a beaucoup aidé les familles de mineurs lors de la grande catastrophe où a péri, hélas, Calogero. Mais il découvre aussi un personnage trouble, à plusieurs facettes.
          Claude apprend qu’Adrienne se faisait aussi appeler Angelina. Qu’elle avait fréquenté, comme ses parents, la JEC/JOC animée par le père Paul. Que tout le monde était attiré par la beauté d’Adrienne, son père, son oncle et même le père Paul.
          Petit à petit, Claude découvre qu’Adrienne/Angelina avait une fille, Nadine, un amour de Calogero, aussitôt retirée à la naissance et adoptée par les époux Colbers.
Le soupçon de meurtre demeure. Qui est l’auteur ? Son propre père ? Une femme jalouse ?
          Il rencontre Nadine, la fille d’Adrienne qui s’est éloignée de Charleroi et de ses parents adoptifs et qui, visiblement, a tiré un trait sur son passé encombrant.

 Claude découvre enfin comment est morte Adrienne.
          Armel Job tisse son action en entremêlant l’histoire de la Belgique, en analysant en permanence le comportement secret de chaque personnage, en pointant du doigt, les haines, les amours, les passions, les souvenirs, la nostalgie, les regrets, les doutes. Il excelle à décortiquer les codes sociaux de l’époque et discute le comportement des institutions d’alors, dont celui de l’Eglise.
Et pour court circuiter l’intuition du lecteur, Armel Job va même imaginer de fausses pistes.
         Roman de grande qualité, palpitant. Style agréable.
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Citations:

« Quand on tient à ses illusions, c’est fou ce que l’imagination peut aller chercher. » (p.83)

« Par quel abus exorbitant, quelqu’un peut-il s’arroger le droit de s’emparer de l’âme d’autrui ? Y a -t-il quelque chose de plus inaliénable que la conscience ? » (p.194)

(Que faire) « Devant la détresse de ceux qui n’ont que la superstition comme réconfort » (p.199)

« Les curés disent qu’il n’y a pas de foi sans les œuvres, mais il y a des oeuvres qui se passent allègrement de la foi » (p.205)

« On ne désire rien si fort que ce qui est refusé » (p.256)

« Autant le malheur est résistant le plus souvent, autant le bonheur ne tient qu’à un fil » (p.256)

« On est plusieurs personnes successives dans la vie. L’adulte en qui on se transforme fait bien des fois regretter aux parents l’enfant dont il est issu » (p.264)

 « Les enfants n’ont pas à demander raison des actes de leurs parents. Les parents ont vécu, les enfants feront de même, de leur mieux » (p. 277)

« Une mère naturelle reçoit son enfant, une mère adoptive l’acquiert » (p.278)
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Armel JOB en lecture
                      Armel Job et né en 1948 à Durbuy (Belgique) non loin de Liège, dans une famille qui comptait quatre garçons. Son père était matelassier. Il fait ses études secondaires comme interne dans le bastion des études classiques du Luxembourg, le séminaire de Bastogne. Il y acquiert une solide formation axée sur les langues anciennes. Ensuite, il entre à l’université de Liège et acquiert le titre de licencié agrégé en philologie classique.    
                  À partir de 1970, il enseigne le grec et le latin pendant vingt-trois ans au séminaire de Bastogne. Au cours de cette période, il publie de nombreux articles philologiques et pédagogiques. En 1993, il prend la direction de son école, poste qu’il quitte en 2010 pour se consacrer entièrement au roman. 
                 Il est l’auteur d’une vingtaine de romans et de 2 pièces de théâtre.  Armel JOB est un auteur majeur de la littérature contemporaine d’expression française belge.      
               C’est ainsi qu’il collectionne les prix : 
      -Prix René-Fallet (2001) du 1er roman pour Femme manquée
      -Prix Victor-Rossel des jeunes (2002), le Goncourt belge et le prix des lycéens (2003) pour Héléna Vannek (éd. Robert Laffont et Mijade)
       -Le prix Simenon (2010) pour Tu ne jugeras point et à nouveau
      le Prix des lycéens (2011) pour ce même roman.
            A noter que la plupart des oeuvres d'Armel JOB sont disponibles à la BM du Breuil (Saône et Loire-France), siège du fonds francophone du Centre Francophonie de Bourgogne.


27 janvier 2018

Le poids de la neige

Le poids de la neige

            De Christian Guay-Poliquin (Edition la Peuplade-Québec)
                           (Prix France-Québec 2017, entre autres)

Prix France-Québec 2017
             D’un style limpide, linéaire, au vocabulaire accessible, Christian Guay-Poliquin, Québécois, nous décrit un Robinson Crusoé des Neiges ou plutôt deux Robinson Crusoé, dans « Le poids de la neige ».
           Ce bon et beau roman, aux abords très agréables, est rempli de symboles que nous verrons ultérieurement.

Le récit

          Dans le grand Nord canadien/québécois, non loin de la côte, un jeune homme, disons d’une trentaine d’années, absent de son village depuis longtemps, revient revoir son père, ancien mécanicien.
        Mais la neige est haute, le sol glissant et, inévitablement, le véhicule se retourne, blessant grièvement aux jambes, le conducteur.
Les secours ne peuvent venir que des habitants du village. Or, beaucoup ont fui ces conditions apocalyptiques.
        Néanmoins, on le délivre et, ironie du sort, on le confie à un homme valide mais âgé, plutôt bourru, Matthias, étranger au village dont le vœu profond est de repartir rapidement de ce lieu pour rejoindre sa femme, en ville. C’est un peu donnant donnant. S’il sauve le blessé, on l’aidera à repartir à la ville, visiter sa femme à l’hospice.
         Dès lors, c’est un huis clos à deux dans une maison réquisitionnée dont les propriétaires ont fui.
Le vétérinaire du village, improvisé médecin, et Maria, la pharmacienne, à la féminité attractive, passent soigner le blessé, donnent les médicaments nécessaires. Et, notons que la survie des deux dépend de la distribution des rations alimentaires villageoises.
       Enfermés qu’ils sont, se butant l’un à l’autre, l’atmosphère est parfois électrique. Il y a du Sartre dans cet épisode. Le huis clos est insoutenable. « L’enfer, n’est-ce pas l’autre ?». Le drame ne tient qu’à un fil. L’instinct de survie ou le hasard, l’emporte. Le jeune homme se rétablit. Le jeune homme à peine valide, les responsables villageois le sollicitent pour réparer un engin tout terrain (il était autrefois mécanicien avec son père). Pendant ce temps, en catimini, son compagnon et aide-soignant obligé, prépare sa fuite, en accumulant vivres et essence.
         Au hasard d’une partie de pêche, comme Robinson découvrant des vivres, ce Robinson des neiges, déniche une voiture, dans une maison abandonnée, en bonne état de marche et du carburant.
        Comme son compagnon, penaud et dépité, a échoué dans sa fuite solitaire, la délivrance pour eux deux, et en unissant leurs forces cette-fois-ci, viendra de ce véhicule, dès le dégel.
       Ce roman dépouillé a plusieurs mérites : montrer l’égoïsme de certains individus, devant l’incertitude des lendemains, la solidarité affichée d’autres, l’attrait de l’élément féminin dans un lieu isolé, l’intelligence et la ténacité de l’homme pour survivre et, par-dessus tout, le « poids » énorme de la nature quand les éléments de déchaînent.
       Et que dire de la litanie de ces prénoms : Joseph, Jonas, Jean, José, sorte de Je en miroir, car je est important, quand il faut sauver sa peau….
       Et puis, ce beau roman touche à plusieurs mythes et ouvre, de fait, plusieurs voies. Le plus évident celui de Robinson Crusoé, isolé sur son île, puis, celui de l’arche protectrice de Noé avec la maison engloutie par la neige, la théorie existentialiste du Huis Clos de Sartre « L’enfer, c’est les autres » et celui du Radeau de la Méduse où le radeau, ici, est un véhicule à essence.

                                Quoi qu’il en soit, en tissant son roman autour du froid constant, de la férocité du blizzard, de  l’obscurité (l’électricité étant coupée),  de la souffrance et de la solitude dans l’hiver canadien, n’est-ce pas un hymne à la neige, à la nature hostile, que nous livre, ce jeune auteur québécois de talent ?

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          Christian Guay-Poliquin est un jeune écrivain québécois. Il est né en 1982 à Saint-Armand.
         Après des études supérieures en littérature à l’université du Québec à Montréal, il obtient une mention d’honneur à la maitrise en Etudes littéraires.
Ce doctorant à l’université de Champagne, publie Le fil des kilomètres (Ed. La Peuplade), 1er roman remarqué par la critique et en 2017, un 2ème roman, Le poids de la neige, qui remporte aussitôt, entre autres, le prix de littérature des collégiens, Le prix France-Québec et le Prix littéraire du Gouverneur général.
      A l’évidence, un écrivain prometteur.
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7 janvier 2018

         Présentation des invités du Centre Francophonie de Bourgogne ( auteurs et artistes) présents aux 5èmes Rencontres de la diversité, les 22/23/24/25 novembre 2017, en les remerciant de leur participation.


Abel JAFRI, d’origine algéro tunisienne, est un comédien français qui a joué un rôle important dans le film culte d’Abderrahmane Sissako, « Timbuktu ». Il a vécu enfant à Montchanin (71). 

Abel Jafri a aussi publié un roman autobiographique « Les dattes d’Aoulef » aux éditions PC. Aoulef étant l’oasis dont était issu son père. Abel vit à Paris.
Citation : « C’est important pour moi d’échanger avec les jeunes. Vous êtes l’avenir. C’est important de regarder vers l’avenir tout en se souvenant des faits passés ».







Jeannine VALIGNAT est dramaturge, metteur en scène, écrivaine et conteuse, a créé la compagnie La Tribouille. Elle fait partie de l’association « Droits des étrangers », qui vient en aide aux migrants, à Nantes. Jeannine a publié deux romans chez Wallâda éditions : « Djetty la Manouche » et « Shégués, enfants du silence ». Et « La Braise » aux éditions Jets d’encre. Originaire de Sète, elle vit à Saint Philibert de Grand Lieu, à côté de Nantes.
Citations : « Je veux dénoncer la vérité et faire réagir…. Il faut voir ce qu’il y a derrière les images. Ce sont des hommes qui veulent le bonheur. Il faut mettre des mots sur les souffrances pour s’en libérer ». 
Sur le théâtre, sa passion : « Les pouvoirs publics doivent protéger cet art et ses artisans, car un peuple sans culture est un peuple en péril ».




















El Hassane AïT MOH est originaire de Ouarzzazate au Maroc. Sociologue et anthropologue de formation, El Hassane licencié en sciences de l’éducation a été formateur dans le Centre de formation d’enseignants à Ouarzzazate. Professeur en collège en France, il a publié 3 romans aux éditions de L’Harmattan : « Les jours de cuivre », « Le captif de Mabrouka » et « Le thé n’a plus la même saveur ». El Hassane habite à Saint Paul trois châteaux, à côté de Montélimar.

 Citation : Lors de sa conférence "Pourquoi, l'autre, l'étranger fait-il peur?
"L'autre et l'étranger, c'est AUTRUI, "l'étranger est doublement dans l'Altérité, il est autre et en plus il est différent". 
"L'étranger est toujours défini par la négative ("l'étranger est différent, il vient d'ailleurs, il est en dehors du groupe, il est proche de nous mais il est différent, il n'est pas familier"), l'étranger serait donc quelqu'un d'anormal, de déplaisant, quelqu'un qui sort de l'ordinaire et qui, en définitive, "étonne et intrigue par sa singularité". 



Samia MESSAOUDI, franco algérienne, est journaliste radio, télévision et au magazine Clara. C’est aussi une militante. Samia a fondé avec Medhi Lallaoui, l’association « Au nom de la mémoire ». Cette association se penche sur la mémoire coloniale, ouvrière et urbaine, travaille sur l’immigration et édite des ouvrages, expos ou documentaires touchant à ces thèmes. Elle est aussi éditrice aux éditions Syros.
Samia a publié avec M.Harzoune, « Paroles kabyles » (Albin Michel) en collaboration, « Un siècle d’immigrations en France » (Syros) et « Antillais d’ici », « couleurs d’Algérie » et « La cuisine kabyle » (Edisud). Samia Messaoudi vit à Paris.
Citation : « J’ai toujours eu envie de témoigner, écrire sur le combat des femmes et notamment sur l’émancipation des femmes arabes ».
« Je suis très attachée à une histoire, celle « de la mémoire de l’immigration ». (NB. Samia est née en France, de parents immigrés algériens).


 



Yudit KISS est née en Hongrie. C’est une économiste, spécialiste de l’investissement militaire des ex pays de l’Est. Son métier lui a permis de beaucoup voyager et de comparer les différents régimes politiques.  Yudit vit actuellement à Genève (Suisse).
 Observatrice et attentive aux gens qu’elle côtoie, elle a été frappée par le destin de femmes migrantes en Suisse. Elle a donc décidé de leur donner la parole et a publié aux Editions d’En Bas (Lausanne) « La lessive et autres histoires de femmes migrantes ». Ce sont 15 parcours de vie, 15 destins et 15 femmes, souvent, à la vie cabossée, qui se sont retrouvées dans la Confédération Helvétique.
Citation : (A propos de La lessive). « Ce sont des femmes si différentes qui recherchent toutes la même chose que nous : la paix, la liberté et le bien vivre ensemble »


Lucy MUSHITA est née au Zimbabwe, autrefois Rhodésie du Sud. Enfant, elle a connu l’apartheid. Romancière et essayiste, Lucy a publié « Chinongwa » chez Actes Sud. Un roman qui parle de la condition des femmes dans son pays et un essai à la Revue des Deux Mondes « Africaines d’hier et d’aujourd’hui »
Elle a enseigné Nancy 2, à Nancy agroParisTech, à l’ICN, à l’ESSTIN, entre autres. Lucy habite à Paris
Citations : « Garder son calme face à des idiots, c’est agir » (P. 239 Chinongwa).
              « Les pleurs de la veuve à l’enterrement de son mari détermine le futur mari… » (p. 247 Chinongwa)




RICARDO, alias Richard Viscardi , a travaillé longtemps à Lyon dans la bijouterie. C’est un caricaturiste de talent qui aime croquer la réalité pour s’en moquer avec humour. Il a publié chez Wallâda, « Le niglo facétieux » Ricardo est d’origine tzigane. Il habite à Versailles
 NB : Le niglo est le nom du hérisson donné par les Gens du Voyage.
Citation : « Dans mon 1er album, j’ai dessiné les 4 groupes principaux qui composent ce qu’on appelle les Gitans : Les Roms venus de Roumanie, les Manouches du Nord de l’Europe, les Sintis d’Italie, les Kalés d’Espagne. J'ai voulu témoigner de leur condition de vie »







 Françoise MINGOT-TAURAN, un parcours atypique et une personnalité exceptionnelle.
 Elle naît à Bordeaux et toute jeune arrive sur les bords méditerranéens. Son père musicien et syndicaliste lui donne le goût de la musique et l’amour du peuple. Elle suit des cours de danse et de théâtre à Marseille. Rejoint à 16 ans le mouvement « A cœur joie » et la chorale d’Aix-en-Provence.

Georges Mounin, son professeur en linguistique,  décèle en elle, des possibilités de parolière. Il l'aidera ensuite, auprès des médias. Toujours active, Françoise crée les éditions Wallâda, en 1983 à Bordeaux.

An noter que ce nom Wallâda signifie, en arabe « Naissance », celle qui met au monde, qui favorise. Pour l’histoire, Wallâda Bint al-Mustakfi, princesse andalouse du XIe siècle, fille du dernier Khalife de Cordoue, fut une grande poétesse aimée d'Ibn Zaydũn qui la célébra dans son œuvre. Françoise sera donc celle qui fera connaitre l’histoire des Gens du Voyage à travers sa maison d’édition.

 Elle échange avec Jean-Louis Barrault, Léo Ferré et apprend la guitare avec René Bartoli.
Agrégée de Lettres et docteur en littérature comparée, elle enseigne dans les Landes, en Bretagne, à Dunkerque, au Sénégal et au Maroc.
 Mais avec l’édition, une autre passion s'empare d'elle, toute jeune, le chant. Elle écrit de nombreux textes (vers et prose), qu’elle interprétera elle-même dans des nombreux récitals ou tours de chant sous le nom de scène « fanFan ». Elle chante, accompagnée par plusieurs instruments, guitare, accordéon, ou piano.
 Françoise est une encyclopédie à elle seule. Elle écrit aussi.

En tant qu’écrivaine, Françoise a publié, entre autres, « Quand sera venu le temps ». C’est un recueil de goguettes, « Impertinence », « La voyouse » (à paraître), « Sur le dos de la baleine » (à paraître) est un roman-essai sur la sexualité féminine et le monumental « Tsiganiada » de Ion Budia Beleanu (une épopée roumaine héroïque) que Françoise a mis 15 ans à adapter. A noter les 2 CD « Waroutcho » et « Zone interdite ». Evidemment chez Wallâda éditions.
Elle vit entre Paris et Avignon où elle vient d’acquérir une maison…Quand Françoise n’est pas sur les routes !!!!!

fanFan, caricaturée par Ricardo....






fanFan dans son élément



Cathy BEAUMONT est d’abord chanteuse, puis compositrice, enfin pianiste, occasionnellement accompagnatrice. Elle a fait l’école d’interprètes d’Alice Dona, travaillé avec Claude Lemesle, suivi son amie Barbara dans ses récitals depuis l’âge de 13 ans et accompagné Anne Sylvestre, dont elle chante tout le répertoire. Lors d' un récital de Cathy où elles ont chanté en duo, Anne la qualifiera de ”magnifique interprète”.  Cathy vit à Paris.

Cathy et Françoise/fanFan réunies au Festival Off d'Avignon
fanFan/Françoise et Cathy, au cabaret parisien "Le Magique"




Gérard GAILLAGUET fait des études de Lettres classiques. Il a travaillé dans l’enseignement, le théâtre, les études de marché, l’animation. Il écrit des chansons, du théâtre, de la poésie et en 2015 un roman. C’est surtout un poète et un excellent diseur. On notera la publication du recueil de poésie « Les Obstinés » (Wallâda) magnifiquement illustré par Colette Klein
Gérard habite à Paris







Marie Josèphe Eril (avec El Hassane)
 lors de la conférence
Marie Joseph ERIL a fait des études de philosophie à l'Université de Dijon. A enseigné cette discipline dans plusieurs lycées dijonnais et passionnée par la psychanalyse, s'est formée et  elle a ouvert un cabinet de psychanalyse au Creusot. Elle encadre également des stages de formation de sa spécialité.
Marie Jo habite Le Breuil (71).




Mohamed LARBI HAOUAT est docteur d'état en Relations Internationales et Stratégiques. Il a été Chercheur au Centre d'études et de Recherches sur les Conflits et les Stratégies de la Sorbonne (CERCS), devenu, Centre de Philosophie de la Stratégie (CPS). - Chercheur Associé, Académie Géopolitique de Paris (AGP) - Membre de Jury de l'ENSAM à Sorbonne Nouvelle Paris III).
Mohammed Larbi Haouat est le lauréat du Prix des Sciences morales et politiques 2006 de la Fondation Prince Louis de Polignac.
 Il est vice-président de l’AFAL, représentant de l’AESAL à l’Unesco, il préside l’ASILEC, une association de terrain à Sarcelles. Mohamed habite à Sarcelles (95).
Citation lors de la conférence "Dialogue inter-religieux pour mieux vivre ensemble" :

« Aller vers l’autre, afin de nourrir la proximité et se sentir plus proche. ».


 Ces mots du Dr Mohamed Larbi Haouat résument l’esprit des Rencontres. 

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